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Tout savoir sur le rachat d’un contrat d’assurance-vie
L’assurance-vie est souvent présentée comme un placement de long terme, mais elle reste souple : vous pouvez y puiser à tout moment grâce au mécanisme du rachat. Que ce soit pour financer un projet, faire face à un imprévu ou compléter vos revenus, le rachat partiel ou total vous permet de mobiliser votre épargne selon vos besoins. Mais cette liberté s’accompagne de règles précises, notamment en matière fiscale. Entre les différents types de rachats, les options d’imposition, les délais à respecter et les effets sur votre contrat, il est essentiel de comprendre ce que cela implique avant d’agir. Cet article vous guide pas à pas pour faire un choix éclairé, en intégrant les subtilités réglementaires de 2025 et les stratégies possibles pour optimiser vos retraits.

Définition : qu’est-ce qu’un rachat en assurance-vie ?
Racheter un contrat d’assurance-vie signifie retirer tout ou partie des sommes qui y sont investies, sans attendre son dénouement. Contrairement à certaines idées reçues, cette opération est accessible à tout moment, sous réserve que le contrat soit rachetable et que les conditions soient respectées. Le rachat n’est pas une rupture de contrat obligatoire : il peut être progressif, ponctuel ou complet. Chaque type de rachat a des conséquences spécifiques, notamment sur la fiscalité, l’antériorité du contrat et la transmission du capital.
Rachat total, rachat partiel ponctuel et rachat partiel programmé : ce qui change
Un rachat total met fin au contrat : vous récupérez la totalité de votre épargne (capital + gains), mais perdez l’antériorité fiscale acquise. Ce choix est souvent définitif, sauf à réinvestir dans un nouveau contrat avec un nouveau compteur fiscal.
Le rachat partiel ponctuel permet de retirer une somme définie tout en laissant le contrat actif. Vous continuez à générer des intérêts et conservez les avantages liés à l’ancienneté. L’assureur calcule automatiquement la part d’intérêts dans le retrait, base de l’imposition.
Le rachat partiel programmé est une solution pratique pour se constituer un revenu régulier. Vous définissez un montant et une fréquence de retrait, par exemple mensuelle ou trimestrielle. Cela permet d’optimiser l’abattement fiscal annuel, surtout après 8 ans, tout en conservant le cadre du contrat.
Rachat et avance : deux mécanismes à ne pas confondre
Une avance n’est pas un rachat : c’est un prêt temporaire consenti par l’assureur, prélevé sur l’épargne disponible. Vous ne touchez pas à votre contrat, qui continue de produire des intérêts comme si rien n’avait été retiré. L’avance n’est pas imposable car elle ne génère pas de plus-value constatée. Elle doit cependant être remboursée selon des modalités fixées au contrat, avec un taux d’intérêt souvent inférieur à celui d’un crédit bancaire.
Ce mécanisme est utile pour financer un besoin ponctuel sans incidence fiscale, à condition de pouvoir rembourser dans les délais prévus, en général trois ans renouvelables une fois.
Conditions pour demander un rachat
La possibilité de racheter une assurance-vie est l’un de ses atouts majeurs, mais elle n’est pas sans conditions. Avant d’entamer une démarche, il est essentiel de vérifier que vous êtes bien en droit d’y procéder et que votre contrat permet cette opération dans les formes prévues. Plusieurs points méritent une attention particulière : l’identité du demandeur, le type de contrat souscrit, et les éventuelles limites de montant.
Qui peut demander le rachat : l’adhérent et la clause bénéficiaire acceptée
Seul l’adhérent du contrat peut demander un rachat, même s’il est distinct de l’assuré. Ni les bénéficiaires désignés ni les créanciers personnels ne peuvent agir à sa place, sauf dans des cas très particuliers comme une mesure de protection juridique (tutelle, curatelle).
Une exception importante existe : si un bénéficiaire a accepté par écrit le bénéfice du contrat, l’adhérent perd le droit de rachat sans son accord explicite. Cette acceptation, souvent irrévocable, fige le contrat. Il est donc crucial de ne jamais faire signer une acceptation de bénéfice trop tôt ou sans mesure des conséquences patrimoniales.
Tous les contrats sont-ils rachetables ? Pas toujours
La majorité des contrats d’assurance-vie classiques sont rachetables à tout moment. Toutefois, certains produits particuliers peuvent restreindre temporairement cette faculté. C’est notamment le cas :
- des contrats liés à des régimes collectifs (ex. : PER, anciens contrats de type Madelin) ;
- des contrats assortis d’engagements spécifiques, comme une rente viagère différée sans faculté de sortie en capital ;
- ou encore en cas de saisie judiciaire ou fiscale, qui peut bloquer temporairement toute opération.
Il est donc indispensable de lire attentivement les conditions générales de votre contrat avant toute démarche.
Montant minimal de rachat et solde minimum à laisser
Les assureurs imposent presque toujours un montant minimum de retrait, souvent compris entre 150 € et 500 € selon les contrats. De même, un solde minimum doit rester investi pour maintenir le contrat actif : laisser un encours résiduel (parfois aussi fixé à 150 €, parfois plus) permet de conserver l’antériorité fiscale.
À défaut, un rachat partiel trop important pourrait être automatiquement requalifié en rachat total, entraînant la clôture du contrat et la perte des avantages accumulés avec le temps.
Démarches pratiques
Demander un rachat sur son contrat d’assurance-vie est une procédure relativement simple, mais qui doit respecter un formalisme précis. Que vous choisissiez un rachat ponctuel ou programmé, total ou partiel, certaines étapes sont incontournables pour garantir un traitement rapide et conforme. Il est aussi utile de connaître les modalités spécifiques à certains types de contrats, notamment les contrats multisupports.
Les documents indispensables pour une demande de rachat
Une demande de rachat doit toujours être formalisée par écrit. Elle peut se faire via un formulaire dédié de l’assureur, en ligne depuis votre espace client, ou par courrier recommandé avec accusé de réception.
Les éléments à fournir sont généralement les suivants :
– une pièce d’identité en cours de validité (recto-verso) ;
– un RIB à votre nom pour le versement des fonds ;
– le numéro du contrat et, selon les assureurs, le dernier relevé annuel ;
– le montant à racheter (brut ou net) et, le cas échéant, la répartition par support ;
– l’option fiscale choisie (PFU ou impôt sur le revenu).
Des justificatifs complémentaires peuvent être exigés en cas d’exonération fiscale (licenciement, invalidité, etc.).
Délai légal de versement et indemnisation en cas de retard
Une fois le dossier complet reçu, l’assureur dispose d’un délai légal de deux mois pour effectuer le virement. Ce délai est prévu à l’article L132-21 du Code des assurances.
Passé ce délai, des intérêts de retard sont dus à l’adhérent. Le taux d’intérêt appliqué est équivalent au taux légal majoré, et s’applique automatiquement à compter du 61ᵉ jour suivant la réception de la demande complète.
Rachat en ligne ou en agence : quelle option choisir ?
De plus en plus d’assureurs proposent des rachats en ligne, via l’espace client sécurisé. Ce mode est rapide, évite les erreurs de saisie, et permet un traitement souvent plus fluide.
Toutefois, pour des montants importants, des opérations complexes (multisupports) ou si vous avez un doute sur l’option fiscale à choisir, un rendez-vous en agence ou avec un conseiller peut s’avérer prudent. Cela permet d’obtenir un éclairage personnalisé et d’éviter des erreurs irréversibles, notamment en fiscalité.
Cas particulier des contrats multisupports : gérer la répartition
Dans un contrat multisupports (fonds en euros + unités de compte), un rachat partiel implique de spécifier la ventilation du retrait. À défaut, l’assureur applique une répartition proportionnelle à l’encours global.
Cette règle a un impact fiscal important : retirer en priorité sur le fonds euro peut être plus favorable en période de forte volatilité des marchés, ou inversement si les UC sont en plus-value. Vous pouvez indiquer explicitement la répartition souhaitée entre les supports, dans la limite des règles fixées par le contrat.
Fiscalité applicable au rachat (actualisée 2025)
La fiscalité de l’assurance-vie est un levier d’optimisation puissant, mais aussi un sujet technique. En cas de rachat, seuls les intérêts (ou plus-values) sont imposables, jamais les sommes versées. L’imposition dépend de la durée du contrat, de la date des versements et du montant total des primes versées, tous contrats confondus. En 2025, deux régimes coexistent selon la date de versement : l’ancien système (PFL) et le prélèvement forfaitaire unique (PFU).
Le cadre général : PFU, abattement et seuils
Depuis le 1er janvier 2018, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) s’applique par défaut. Il comprend :
– 12,8 % d’impôt sur les gains,
– 17,2 % de prélèvements sociaux,
soit un total de 30 % pour les contrats de moins de 8 ans.
Au-delà de 8 ans, une fiscalité allégée s’applique sur les produits correspondant à 150 000 € de primes versées par personne :
– 7,5 % d’impôt + 17,2 % de PS,
– 12,8 % d’impôt + 17,2 % de PS au-delà du seuil de 150 000 €.
Un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple est appliqué sur les intérêts avant imposition. Il est calculé sur l’ensemble des contrats d’assurance-vie détenus.
Quelle fiscalité selon la date des versements ?
Les primes versées avant le 27 septembre 2017 ouvrent droit à un choix entre :
– le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) :
35 % < 4 ans ; 15 % entre 4 et 8 ans ; 7,5 % après 8 ans (+17,2 % de PS),
– ou l’intégration à l’impôt sur le revenu (IR), souvent avantageuse pour les tranches basses.
Les primes versées après cette date sont soumises automatiquement au PFU :
12,8 % < 8 ans ; 7,5 % après 8 ans (jusqu’à 150 000 € de primes), puis 12,8 %.
Choisir l’impôt sur le revenu : dans quels cas c’est pertinent
L’option pour l’impôt sur le revenu peut être avantageuse si votre tranche marginale d’imposition (TMI) est inférieure à 12,8 %. Cela concerne souvent les retraités non imposables ou faiblement imposés, ou les contribuables ayant des réductions fiscales importantes cette année-là.
Mais attention : cette option est globale pour tous les produits de placement à revenus fixes (intérêts, coupons) perçus l’année du rachat. Elle doit être mûrement réfléchie.
Cas d’exonération totale des plus-values
Dans quatre situations, les plus-values issues d’un rachat sont exonérées d’impôt (mais pas de prélèvements sociaux) :
– Invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie de l’adhérent,
– Licenciement de l’adhérent,
– Mise en retraite anticipée,
– Liquidation judiciaire en cas d’activité non salariée.
L’événement doit concerner l’adhérent ou son conjoint/PACSé, et le rachat doit intervenir avant la fin de l’année suivante.
Rachat partiel programmé : outil d’optimisation annuelle
Les rachats partiels programmés permettent de fractionner les retraits pour rester chaque année sous l’abattement de 4 600 €/9 200 €. C’est une stratégie de décumulation progressive, idéale pour générer des revenus complémentaires nets d’impôt, tout en conservant la fiscalité avantageuse du contrat après 8 ans.
Il est conseillé de programmer les retraits dès le début d’année, pour anticiper les effets sur la déclaration d’impôt.
Exemple concret : simulation d’un rachat après 10 ans
Exemple : retrait de 20 000 € d’un contrat de plus de 8 ans, détenu par un couple, avec 9 200 € d’abattement disponible.
Les intérêts imposables sont de 20 000 € (supposés être 100 % d’intérêts pour simplifier).
– Imposition brute :
20 000 € × 7,5 % = 1 500 €
- PS : 20 000 € × 17,2 % = 3 440 €
Total brut : 4 940 €
– Crédit d’impôt correspondant à l’abattement :
9 200 € × 7,5 % = 690 €
– Imposition nette :
1 500 € – 690 € = 810 € d’impôt
Total net avec PS : 4 250 €
Cette méthode permet d’anticiper le coût réel d’un rachat, et de mieux piloter ses retraits sur plusieurs années.
Avantages du rachat partiel vs. rachat total
Choisir entre un rachat partiel et un rachat total a des conséquences importantes sur la fiscalité, la structure du contrat et la transmission du capital. Le rachat partiel offre une plus grande souplesse, tout en préservant les atouts du contrat sur le long terme. Il est souvent préférable dès lors que l’on n’a pas besoin de liquider l’intégralité de l’épargne.
Le rachat partiel conserve l’antériorité fiscale du contrat
C’est l’un des grands intérêts du rachat partiel : le contrat reste ouvert. Cela signifie que l’on conserve l’ancienneté fiscale acquise depuis la souscription, essentielle pour bénéficier :
– du taux réduit de 7,5 % après 8 ans,
– de l’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €,
– de la possibilité d’arbitrages ou de nouveaux versements avec la même date de référence.
Un rachat total, en revanche, met fin au contrat. Si vous souhaitez réinvestir ensuite, il faudra repartir à zéro sur le plan fiscal.
Effets sur la clause bénéficiaire : attention au risque de clôture
Le rachat partiel ne remet pas en cause la clause bénéficiaire existante, qui continue de s’appliquer en cas de décès. C’est un avantage important pour ceux qui ont mis en place une clause démembrée ou une stratégie successorale complexe.
Un rachat total, en revanche, efface automatiquement le contrat, donc la clause bénéficiaire. Cela peut entraîner des effets patrimoniaux non souhaités, notamment si vous n’avez pas pris le temps de répliquer les clauses sur un nouveau contrat.
Un outil de stratégie successorale : rachat + versement = donation indirecte
Le rachat partiel permet aussi de mettre en œuvre des stratégies de transmission anticipée. Par exemple, un adhérent peut effectuer un rachat, puis utiliser les fonds pour faire une donation manuelle ou un don familial exonéré à un enfant ou petit-enfant.
Ensuite, ce bénéficiaire peut lui-même verser ces sommes sur un contrat à son nom, profitant ainsi de l’article 990 I du CGI (exonération jusqu’à 152 500 € en cas de décès de l’adhérent). C’est une manière discrète et efficace de « recycler » l’épargne en préparant une transmission optimisée, tout en gardant le contrôle sur les versements.
Cette stratégie est particulièrement intéressante avant 70 ans, pour tirer parti au maximum de l’abattement successoral lié à l’assurance-vie.
Cas pratiques et stratégies de rachat
Au-delà des besoins ponctuels, le rachat d’assurance-vie peut s’inscrire dans une véritable stratégie patrimoniale. Retirer au bon moment, dans les bonnes conditions et avec un objectif précis permet de maximiser les atouts fiscaux du contrat tout en sécurisant ses projets. Voici quelques usages concrets, parfois méconnus, qui transforment le rachat en levier efficace d’optimisation.
Générer un revenu complémentaire à la retraite
À partir de 60 ans, de nombreux assurés utilisent leur assurance-vie pour compléter leur pension. Le rachat partiel programmé est particulièrement adapté à cet objectif. Il permet de définir un versement régulier (mensuel, trimestriel…) tout en respectant l’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €.
Cela permet de percevoir chaque année un revenu net d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus. C’est une alternative souple à la rente viagère, sans perte de capital.
Replacer les fonds après un rachat : stratégie de réallocation
Si un contrat devient peu performant (frais élevés, fonds en euros peu rémunérateurs, UC figées), un rachat partiel ou total peut permettre de repositionner son épargne vers :
– un PER individuel, pour ceux encore imposés, afin de déduire les versements du revenu imposable ;
– des SCPI via assurance-vie, pour un rendement régulier (attention au risque de liquidité) ;
– un nouveau contrat plus moderne, avec gestion pilotée, ETF ou frais réduits.
Dans tous les cas, il faut comparer la perte d’antériorité fiscale avec les gains potentiels attendus du nouveau placement.
Le rachat quasi-total : une astuce pour garder l’antériorité
Peu connu, le rachat quasi-total consiste à retirer l’intégralité de l’épargne, moins un solde minimal (souvent 100 € ou 150 €), pour éviter la clôture du contrat.
Cette technique permet de disposer presque totalement du capital tout en conservant la date d’ouverture du contrat pour les avantages fiscaux futurs. C’est une solution à privilégier lorsqu’on veut dégager des liquidités sans sacrifier l’historique du contrat.
Extraction fiscale optimisée : tirer parti de l’abattement annuel
Beaucoup d’épargnants ignorent qu’ils peuvent réaliser un petit rachat chaque année sans impôt sur le revenu, grâce à l’abattement de 4 600 € ou 9 200 €.
Exemple : pour un contrat avec 4 % d’intérêts annuels, un retrait de 20 000 € contenant 4 000 € d’intérêts permettrait d’éviter toute imposition (hors prélèvements sociaux). Répéter cette opération sur plusieurs années est un excellent moyen de vider progressivement le contrat sans pénalité fiscale.
Rachat anticipé ou avance : comment trancher selon le besoin
Si le besoin de liquidités est temporaire (moins de 3 ans), une avance peut être préférable à un rachat. Elle ne déclenche aucune fiscalité, et l’épargne continue à produire des intérêts.
En revanche, en cas de projet durable ou de volonté de transmission, le rachat s’impose. Il permet d’utiliser les fonds librement et de repositionner son épargne, tout en maîtrisant la fiscalité via les abattements.
Chaque situation mérite d’être analysée au cas par cas. Anticiper le moment du rachat, arbitrer entre avance ou retrait, choisir le support réceptacle : ce sont les clés d’une stratégie vraiment optimisée.
Pièges et points de vigilance
Le rachat d’une assurance-vie est une opération accessible et souvent fiscalement avantageuse, mais elle n’est pas sans risques. Des décisions mal préparées peuvent entraîner des coûts inattendus, une perte d’opportunités successorales ou une fiscalité contre-productive. Voici les principaux pièges à éviter pour préserver l’efficacité de votre contrat.
Des frais parfois méconnus : sortie, arbitrage, gestion d’UC
Même si les frais de sortie sur les contrats récents sont souvent faibles, certains anciens contrats appliquent encore des pénalités en cas de rachat avant un certain nombre d’années. Il faut donc vérifier les conditions générales avant tout retrait.
Les arbitrages réalisés avant un rachat, notamment pour sécuriser son capital en transférant des UC vers un fonds en euros, peuvent générer des frais supplémentaires (souvent 0,5 à 1 %), et prendre quelques jours, ce qui peut compromettre le timing de l’opération.
Enfin, les frais de gestion sur unités de compte continuent à s’appliquer jusqu’au traitement effectif du rachat : dans un marché en baisse, chaque jour compte.
Risques sur les unités de compte : valeur au jour du rachat
Le montant versé lors d’un rachat dépend de la valeur liquidative des supports UC au jour du traitement. Or, cette valeur peut fluctuer fortement, parfois à la baisse en période de volatilité.
Un rachat mal programmé peut donc aboutir à vendre en perte des unités de compte, figer une moins-value latente et détériorer votre performance globale. Il est conseillé de sécuriser progressivement votre contrat si un retrait est envisagé à court terme.
Même en cas de moins-value globale, une fiscalité sur les gains latents
Le calcul de la fiscalité ne s’appuie pas sur la performance du contrat global, mais sur la quote-part d’intérêts dans le rachat. Il est donc possible, en cas de rachat partiel sur une UC bénéficiaire dans un contrat globalement en perte, d’être imposé sur un gain, alors même que la valeur totale du contrat est inférieure aux versements.
Cette règle, peu intuitive, peut générer une imposition injuste si le rachat n’est pas réparti intelligemment entre les supports. Il est possible de demander un rachat ciblé sur le fonds en euros ou sur les UC déficitaires si le contrat le permet.
Conséquences successorales d’un rachat total non anticipé
Le rachat total clôture définitivement le contrat. Cela efface la clause bénéficiaire et fait perdre tous les avantages successoraux associés à l’assurance-vie (notamment l’article 990 I du CGI). En cas de décès après un rachat total, les sommes sont intégrées à l’actif successoral classique, et taxées selon les droits de succession ordinaires.
Il est donc essentiel, avant un rachat total, de s’assurer que le contrat n’entre pas dans une stratégie de transmission, ou de mettre en place un nouveau contrat pour ne pas perdre les avantages liés à l’assurance-vie en cas de décès prématuré.
Bonnes pratiques et conseils
Un rachat bien préparé permet non seulement de répondre à un besoin financier, mais aussi d’optimiser fiscalement et patrimonialement son contrat. Plutôt que de retirer une somme importante en une seule fois ou de céder à l’urgence, il est préférable d’adopter des réflexes simples mais efficaces. Voici les pratiques à privilégier pour tirer le meilleur parti de votre assurance-vie.
Fractionner les retraits après 8 ans pour optimiser l’abattement annuel
Une fois les 8 ans atteints, chaque rachat bénéficie d’un abattement fiscal annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple. En fractionnant les retraits sur plusieurs années, vous pouvez extraire progressivement votre épargne sans impôt sur le revenu, dans la limite de l’abattement.
Un retrait trop important la même année dépasserait ce seuil et entraînerait une fiscalité inutile sur les intérêts excédentaires.
Programmer des rachats partiels réguliers pour lisser la fiscalité
La mise en place d’un rachat partiel programmé permet d’automatiser ces retraits fractionnés. Vous définissez le montant, la périodicité (mensuelle, trimestrielle…), et le contrat effectue les versements à votre rythme.
Cela permet de lisser l’imposition sur plusieurs années, tout en respectant l’abattement annuel. C’est une solution particulièrement adaptée pour les retraités souhaitant se verser un complément de revenu régulier sans impact fiscal brutal.
Utiliser l’avance plutôt qu’un rachat si le besoin est temporaire
Lorsque le besoin de liquidité est ponctuel (moins de trois ans), la demande d’avance est souvent préférable au rachat. Elle vous permet d’emprunter à votre propre contrat, sans créer d’imposition, puisque les fonds restent investis.
Pendant cette période, votre épargne continue à générer des intérêts, et vous évitez toute perte d’antériorité fiscale. Attention toutefois à respecter les conditions de remboursement et le taux appliqué, souvent indiqué dans les conditions générales.
Solliciter un conseiller pour choisir entre PFU et impôt sur le revenu
Le choix entre prélèvement forfaitaire unique (PFU) et impôt sur le revenu (IR) peut avoir un impact significatif sur l’imposition réelle. Ce choix dépend notamment de votre tranche marginale d’imposition, de vos revenus globaux, et de l’éligibilité à certains crédits d’impôt.
Un conseiller pourra simuler les deux options et identifier celle qui minimise votre impôt, en prenant en compte l’ensemble de votre fiscalité personnelle. Cela permet d’éviter les erreurs irréversibles, surtout en cas de rachats importants ou de multiples contrats.
Foire aux questions (FAQ)
Peut-on racheter un contrat en cours d’adhésion avec versements programmés ?
Oui, il est tout à fait possible de procéder à un rachat, même si des versements programmés sont en cours sur votre contrat. Le rachat peut être ponctuel ou total, et n’interrompt pas automatiquement les versements programmés, sauf demande explicite. Il convient toutefois de vérifier dans les conditions générales que le solde minimal du contrat sera respecté après rachat. En pratique, certains assureurs suspendent les versements si le capital devient insuffisant.
Le rachat est-il possible sur un contrat luxembourgeois ?
Oui, à condition que le contrat soit bien rachetable (ce qui est généralement le cas sauf pour certains contrats liés à des fonds dédiés ou des conventions spécifiques). Le rachat d’un contrat luxembourgeois est soumis à la même fiscalité française que les contrats souscrits en France, dès lors que le souscripteur est résident fiscal français. Il faudra également respecter les règles de délai de traitement, qui peuvent être un peu plus longues pour les contrats en fonds externes (FAS, FID).
Comment est calculée la part imposable dans un rachat partiel ?
Dans un rachat partiel, seule la part correspondant aux intérêts ou plus-values est imposable. Cette part est calculée au prorata entre capital et gains dans la valeur totale du contrat.
Formule utilisée :
Intérêts imposables = (Montant du rachat × Gain total latent) / Valeur totale du contrat
Par exemple, si vous rachetez 10 000 € sur un contrat de 50 000 € dont 5 000 € de gains, la part imposable sera :
10 000 € × (5 000 € / 50 000 €) = 1 000 € d’intérêts soumis à l’impôt.
Quelle différence entre rachat et rachat programmé en fiscalité ?
Il n’y a aucune différence de régime fiscal entre un rachat ponctuel et un rachat programmé : dans les deux cas, seuls les gains inclus dans le montant retiré sont imposables.
La différence tient surtout à la gestion du calendrier : un rachat programmé permet de fractionner les retraits sur plusieurs années, ce qui facilite l’usage de l’abattement annuel de 4 600 € / 9 200 € après 8 ans de détention. Cela permet souvent d’éviter l’impôt sur le revenu, contrairement à un gros retrait ponctuel.
Pour verser sans frais d’entrée : le contrat en ligne que nous citons le plus souvent
- 0 % de frais sur versement et sur arbitrage, gestion libre ou pilotée
- Assuré par Spirica (Crédit Agricole Assurances) : fonds en euros, ETF, SCPI, titres vifs
- Souscription en ligne, documents d’information consultables avant toute décision
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