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Label ISR en assurance-vie : ce que les comparatifs ne vous disent pas
Depuis le 1er janvier 2025, 403 fonds ont définitivement perdu le label ISR. La réforme V3 du référentiel a passé la finance durable au crible, et les sociétés de gestion ont dû choisir entre se mettre en conformité ou rendre leur label. Résultat brut : il reste environ 1 008 fonds labellisés au 30 juin 2025, contre près de 1 200 deux ans plus tôt. Le label n’a jamais autant filtré, et c’est précisément ce qui en fait, enfin, un repère utilisable.
Pour un épargnant qui veut donner du sens à son allocation, l’assurance vie reste l’enveloppe la plus accessible. La loi Pacte impose depuis 2022 qu’un contrat multisupport propose au moins un fonds labellisé ISR, un fonds Greenfin et un fonds Finansol. Encore faut-il savoir lesquels regarder dans la profondeur du catalogue de supports d’investissement de son contrat.
Le label ISR n’est pas un gage de performance, ni de rentabilité, ni même d’absence totale d’énergies fossiles. Il certifie une méthode. Comprendre ce qu’elle vaut, ce qu’elle exclut depuis 2024 et comment elle se distingue de Greenfin ou Finansol, c’est la différence entre un investissement responsable qui tient ses promesses et un placement qui se contente de la peinture verte.
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Au sommaire
01La réforme V3 du label ISR depuis 202402Comment investir dans un fonds ISR via l’assurance vie03ISR, Greenfin, Finansol : trois labels, trois logiques04Performance des fonds labellisés ISR05Quel contrat pour une stratégie ISR sérieuseLa réforme V3 du label ISR depuis 2024
Le label ISR a été créé en 2016 par le ministère de l’Économie pour distinguer les fonds qui appliquent les principes du développement durable à l’investissement. Pendant huit ans, le référentiel a été régulièrement critiqué pour son manque d’exigence climatique. La V3, entrée en vigueur le 1er mars 2024, change la donne.
Une exclusion stricte des énergies fossiles depuis 2025
Trois exclusions sectorielles entrent dans le socle du label. Les fonds labellisés ne peuvent plus investir dans les entreprises qui exploitent du charbon thermique au-delà de 5 % de leur chiffre d’affaires. Ils excluent également les hydrocarbures non conventionnels comme le gaz de schiste ou les sables bitumineux. Enfin, toute société qui lance un nouveau projet d’exploration, d’exploitation ou de raffinage d’hydrocarbures sort de l’univers éligible.
Cette dernière clause a un effet de bord majeur : elle exclut de facto les majors comme TotalEnergies, Eni ou BP, dont les plans de transition incluent encore de nouveaux projets fossiles. La V3 demande par ailleurs que les fonds excluent les 30 % d’émetteurs les moins bien notés sur les critères ESG, contre 20 % auparavant. La sélectivité monte d’un cran, et le filtre se voit dans les portefeuilles.
À retenir
Une étude Epsor publiée en 2025 mesure l’effet du nouveau référentiel un an après son entrée en vigueur : exposition moyenne aux énergies fossiles non conventionnelles divisée par trois (de 49 % à 14 % des fonds concernés), score d’impact en hausse de 6 points et empreinte carbone moyenne en baisse de 10 %, sans dégradation des performances.
Les 403 fonds qui ont perdu le label en janvier 2025
Les fonds déjà labellisés ont bénéficié d’une période de transition jusqu’au 1er janvier 2025 pour se mettre en conformité. À cette date, le comité du label a procédé à un assainissement massif. 403 fonds ont disparu de la liste officielle, soit environ un tiers du stock initial. Les deux tiers restants ont rationalisé leur portefeuille pour conserver leur certification, attribuée par l’Afnor, Deloitte ou EY France.
Cette purge a un avantage immédiat pour l’épargnant. Avant 2024, voir un fonds labellisé ne suffisait pas à éviter une exposition aux majors pétrolières. Depuis la V3, le label exclut un cœur dur d’activités incompatibles avec la transition climatique. Le verrou n’est pas total puisque les pétroliers historiques en transition sans nouveau projet peuvent rester éligibles, mais le filtre opère réellement, ce qui n’était pas le cas auparavant.
Comment investir dans un fonds ISR via l’assurance vie
L’investissement ISR en assurance vie se fait exclusivement via les unités de compte du contrat, jamais via le fonds en euros classique. La raison est technique : l’assureur garde la main sur la composition exacte du fonds euros et ne peut garantir une approche durable sur l’ensemble du portefeuille obligataire.
L’obligation loi Pacte : ce que votre contrat doit proposer
Depuis le 1er janvier 2022, la loi Pacte impose à tous les contrats d’assurance vie multisupports de proposer au minimum trois unités de compte. Une labellisée ISR, une labellisée Greenfin et une labellisée Finansol. L’assureur doit aussi communiquer, avant la souscription, le pourcentage d’UC labellisées présentes dans le contrat. Cette transparence se retrouve dans le rapport annuel envoyé à l’épargnant.
Dans la réalité du marché, la part d’UC labellisées varie énormément d’un contrat à l’autre. Le rapport Novethic-FAIR évalue cette fourchette entre 10 % et 100 % selon les assureurs. Linxea Spirit 2 affiche 23 % de fonds responsables, dont 10,1 % classés Article 9 SFDR. La Macif Mutavie pousse à plus de 75 %. Certains contrats bancaires ne proposent que le strict minimum légal.
Repérer la classification SFDR (Article 8 et Article 9)
Le règlement européen SFDR, applicable depuis 2021, classe les fonds selon trois niveaux. L’Article 6 désigne les fonds sans démarche durable. L’Article 8, dit « vert clair », regroupe ceux qui promeuvent des caractéristiques environnementales ou sociales. L’Article 9, « vert foncé », est réservé aux fonds qui poursuivent un objectif d’investissement durable mesurable.
L’Article 9 reste le plus exigeant. Sur les 700 et quelques supports de Linxea Spirit 2, 10,1 % entrent dans cette catégorie, ce qui est élevé pour un contrat grand public. Le fonds euros Objectif Climat, lui, est le seul fonds en euros classé Article 9 SFDR au monde. La classification ESG et SFDR détaillée mérite d’être croisée avec le label ISR : un fonds labellisé ISR n’est pas automatiquement Article 9, et un fonds Article 9 n’est pas forcément labellisé ISR.
Le saviez-vous
L’article 29 de la loi Énergie-Climat de 2019 oblige assureurs et sociétés de gestion à publier un rapport annuel sur la prise en compte des critères ESG. Ce document précise la part des investissements en énergies fossiles, la stratégie d’alignement sur l’Accord de Paris et l’empreinte carbone du portefeuille. Il est consultable sur le site de chaque assureur.
ISR, Greenfin, Finansol : trois labels, trois logiques
Les trois labels de la finance responsable française sont souvent regroupés dans la même phrase, alors qu’ils répondent à des intentions différentes. ISR couvre l’ensemble des critères ESG sans cible sectorielle. Greenfin se concentre exclusivement sur la transition écologique. Finansol certifie la finance solidaire.
| Label | Année de création | Objet | Nb de fonds | Exclusion fossiles |
|---|---|---|---|---|
| ISR | 2016 | Critères ESG généralistes | ~1 008 | Depuis 2025 |
| Greenfin | 2015 | Transition écologique | ~100 | Totale (fossile et nucléaire) |
| Finansol | 1997 | Finance solidaire | ~180 | Non prioritaire |
Le label Greenfin : plus strict mais beaucoup plus rare
Greenfin, créé en 2015 par le ministère de la Transition écologique, exclut totalement les énergies fossiles et le nucléaire. Pour être labellisé, un fonds doit consacrer au moins 75 % de ses actifs à des activités directement liées à la transition énergétique. Huit secteurs sont éligibles, parmi lesquels les énergies renouvelables, le bâtiment, le transport propre et la gestion des déchets.
Le revers de cette exigence est le faible nombre de fonds disponibles. Une centaine en tout, contre plus d’un millier pour l’ISR. Greenfin reste le label de référence pour qui veut financer directement la transition climatique, mais il limite mécaniquement la diversification sectorielle et géographique d’un portefeuille. Sur un fonds euros classique, aucun ne porte ce label, l’assureur n’ayant pas la latitude de composition nécessaire.
Le label Finansol : pour la finance solidaire
Finansol, le plus ancien des trois (créé en 1997), distingue les placements qui financent l’économie sociale et solidaire. Insertion par l’emploi, logement très social, entrepreneuriat dans les pays en développement, agriculture biologique : les bénéficiaires sont des structures non cotées agréées ESUS (Entreprises Solidaires d’Utilité Sociale).
Les fonds Finansol disponibles en assurance vie fonctionnent presque tous en « 90/10 » : 5 à 10 % de l’encours est investi dans des entreprises solidaires, le reste sur les marchés financiers classiques avec une approche ESG. L’association FAIR, qui gère le label depuis 2021, recense environ 180 produits d’épargne solidaire, dont 110 OPC. L’encours sur l’assurance vie reste modeste, autour de 2,3 milliards d’euros sur les 20 milliards labellisés au total.
Performance des fonds labellisés ISR
L’idée que la finance responsable rogne le rendement persiste dans l’opinion, alors que les chiffres montrent l’inverse depuis plusieurs années. Le filtre ESG ne dégrade pas la performance en moyenne, et améliore le couple rendement-risque sur certaines classes d’actifs.
Ce que disent les études chiffrées
Une étude conjointe du Forum pour l’investissement responsable et de l’École Polytechnique, portant sur l’ensemble des fonds labellisés, conclut que 62 % d’entre eux surperforment leurs équivalents classiques. La surperformance grimpe à 85 % sur les fonds monétaires. Sur les actions, le différentiel est plus modeste mais positif. L’indice MSCI World SRI a généré 13,5 % de performance annualisée sur cinq ans, contre 12,22 % pour le MSCI World standard.
L’AMF, dans une étude de 2021 portant sur 28 480 parts de fonds entre 2012 et 2018, observe que les frais de gestion des fonds ISR sont inférieurs de 0,17 % en moyenne à ceux des fonds classiques équivalents. Cet écart paraît minime mais, capitalisé sur vingt ans d’assurance vie, il représente plusieurs points de performance cumulée. Côté résilience, les fonds ISR ont mieux résisté à la baisse du premier trimestre 2020 que leurs équivalents non labellisés.
Taux nets de frais de gestion, bruts de prélèvements sociaux, relevés dans les communiqués annuels de l’assureur et les données ACPR.
Le piège du greenwashing reste réel
La vigilance de l’AMF s’est renforcée ces dernières années face aux fonds qui se proclament « verts » sans justification réelle. L’autorité interdit désormais d’utiliser le terme « ISR » dans le nom d’un fonds qui ne porte pas le label, et oblige à des justifications quantitatives pour les mentions « durable » ou « responsable ». La classification SFDR aide à trier, mais reste imparfaite : un fonds Article 8 peut intégrer une part marginale d’ESG sans pour autant porter une démarche structurée.
Le label ISR certifie une méthode, pas une rentabilité. Sans le croiser avec la classification SFDR et la composition réelle du portefeuille, il reste insuffisant pour trier le sérieux du marketing.
Le réflexe utile consiste à demander à l’assureur la liste des fonds labellisés disponibles, la classification SFDR de chacun et leur empreinte carbone moyenne. Ces données figurent dans le rapport Article 29. Un fonds labellisé ISR mais classé Article 8 mérite un examen plus poussé qu’un fonds Article 9 sans label, surtout sur les actifs majoritairement européens où la réglementation SFDR mord davantage.
Quel contrat pour une stratégie ISR sérieuse
Le contrat compte autant que les fonds choisis. Un contrat bancaire qui se contente du minimum loi Pacte (trois unités de compte labellisées) ne permet pas de construire une allocation responsable cohérente. Un contrat avec une vraie profondeur de catalogue laisse au contraire la place à une diversification sérieuse.
Les critères à vérifier avant d’ouvrir
Quatre points méritent un contrôle systématique. D’abord, le nombre d’unités de compte labellisées ISR, Greenfin ou Finansol, et leur part dans le catalogue total. Un contrat sérieux affiche au moins 15 % de fonds labellisés. Ensuite, la classification SFDR des fonds proposés, avec une attention particulière aux Article 9. Puis la disponibilité de trackers ETF ESG à frais réduits, qui permettent une exposition diversifiée à moindre coût. Enfin, l’accès à un fonds euros à orientation durable, encore rare aujourd’hui.
Linxea Spirit 2 coche les quatre cases avec un argument exclusif : son fonds euros Objectif Climat est le seul au monde classé Article 9 SFDR. La performance 2025 s’établit à 3,26 % net, supérieure à la moyenne nationale autour de 2,5 %. Le contrat propose également plus de 30 SCPI dont une part est labellisée ISR Immobilier, ce qui ouvre la dimension immobilière à une approche SCPI responsable dans l’enveloppe assurance vie.
Attention
Un fonds qui contient « ISR », « durable » ou « responsable » dans son nom sans porter le label officiel n’est pas certifié par un tiers indépendant. La vérification se fait sur la liste officielle publiée sur lelabelisr.fr, mise à jour mensuellement. Trois fonds sur dix utilisaient une terminologie verte sans label en 2025, selon les contrôles de l’AMF.
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Questions fréquentes
Un fonds euros peut-il être labellisé ISR ?
Le label ISR classique ne s’applique pas aux fonds euros traditionnels. La raison tient à la nature même du support : l’assureur conserve la maîtrise de la composition du portefeuille obligataire, sans pouvoir garantir une approche ESG sur l’ensemble. Une exception notable existe : le fonds euros Objectif Climat de Linxea Spirit 2 est le seul fonds en euros au monde classé Article 9 SFDR, ce qui correspond à un niveau d’exigence supérieur sur la part durable des investissements. Pour le reste du marché, l’approche responsable passe exclusivement par les unités de compte.
Quelle différence entre ESG, ISR et SFDR ?
ESG désigne les trois critères extra-financiers (Environnement, Social, Gouvernance) utilisés pour évaluer une entreprise au-delà de ses chiffres comptables. ISR est une démarche d’investissement qui applique ces critères ESG, et c’est aussi un label français qui certifie le respect d’une méthode. SFDR est un règlement européen de classification des fonds selon leur intensité ESG : Article 6 (aucune démarche), Article 8 (caractéristiques durables) et Article 9 (objectif durable mesurable). Un fonds peut être labellisé ISR sans être Article 9, et inversement.
Les fonds ISR sont-ils plus risqués que les fonds classiques ?
Le risque d’un fonds dépend de sa classe d’actifs (actions, obligations, monétaires) et non de son label. Un fonds actions labellisé ISR présente le même risque structurel qu’un fonds actions classique. Les données disponibles montrent même une volatilité légèrement inférieure sur les fonds ESG en période de baisse, ce qui s’explique par la sélection préalable d’entreprises mieux gérées. L’échelle SRRI de l’AMF, de 1 à 7, permet de comparer le niveau de risque indépendamment du label. Un fonds ISR niveau 5 reste un placement risqué, label ou pas.
Comment vérifier qu’un fonds est vraiment labellisé ISR ?
La liste officielle des fonds labellisés est publiée sur le site lelabelisr.fr et mise à jour mensuellement. Chaque fonds y figure avec sa date d’obtention du label, l’organisme certificateur (Afnor, Deloitte ou EY France) et sa classification. Cette source est l’unique référence opposable. Le DIC (Document d’Informations Clés) du fonds mentionne également la labellisation, ainsi que le site de la société de gestion. Les documents commerciaux des assureurs ne suffisent pas : seule la liste officielle fait foi en cas de doute.
Une SCPI peut-elle porter le label ISR ?
Un référentiel ISR spécifique aux fonds immobiliers existe depuis 2020. Les SCPI labellisées doivent répondre à des critères ESG appliqués à la gestion locative : performance énergétique des bâtiments, qualité du dialogue avec les locataires, gouvernance. Plusieurs SCPI portent désormais le label, dont Remake Live, accessible dans Linxea Spirit 2. Une refonte du référentiel immobilier a été lancée fin 2023 par le comité du label, dans la continuité de la V3 valeurs mobilières. Les exigences environnementales devraient se durcir sur les prochaines années.
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