Accueil/Quel est le rendement d’une assurance vie en 2025 ?
Quel est le rendement d’une assurance vie en 2025 ?
Deux chiffres ont circulé sur l’exercice 2025 : 2,63 % pour les fonds en euros, 5,5 % pour les unités de compte. Les deux sont exacts. Aucun ne correspond à ce que les épargnants ont encaissé. Le premier est net des frais de gestion mais brut des prélèvements sociaux. Le second est calculé avant les frais du contrat, que France Assureurs chiffre à 0,88 % par an.
Le rendement d’une assurance vie n’est donc pas un taux unique. C’est le produit d’une allocation, d’une pile de frais et d’une fiscalité qui frappe à des moments différents selon le support. Avant de comparer l’assurance vie aux autres placements, il faut savoir lire ces trois couches séparément.
Un contrat investi à 70 % en fonds en euros et 30 % en unités de compte a servi environ 3,2 % en 2025. Entre un assureur qui a servi 2,3 % et un autre à 2,9 %, l’écart atteint 600 € par an sur 100 000 € placés. Ces 0,6 point se jouent sur le choix du contrat, pas sur les marchés.
Votre contrat a servi moins de 2,63 % en 2025 ? L’écart se rattrape.
- Vos coordonnées suffisent, un conseiller vous rappelle
- Un point sur vos frais, vos supports et vos objectifs
- Gratuit, sans versement ni engagement
Mise en relation avec un partenaire, signalée conformément à notre charte.
Au sommaire
01Ce que l’assurance vie a rapporté en 2025 02Le rendement dépend d’abord de votre allocation 03Les trois couches de frais 04Ce qu’il reste après impôts et inflation 05Retrouver le rendement de votre contrat 06Quel rendement attendre en 2026 07Questions fréquentesCe que l’assurance vie a rapporté en 2025
Les chiffres définitifs de l’exercice sont tombés en juin 2026, avec la publication de l’ACPR. Ils confirment une stabilisation du fonds en euros après trois années de remontée, et une bonne année sur les supports en unités de compte. Les deux moteurs du rendement n’ont pas tourné à la même vitesse.
Taux moyens des fonds en euros des contrats individuels, relevés dans les publications annuelles de l’ACPR et de France Assureurs.
Le fonds en euros : 2,63 % servis, 2,18 % encaissés
L’ACPR retient 2,63 % pour les contrats individuels au titre de 2025, un niveau identique à 2024. Ce taux est net des frais prélevés sur l’encours, mais il arrive avant les prélèvements sociaux. Sur un contrat multisupport, la poche en euros subit 17,2 % chaque année, au moment où les intérêts sont inscrits au contrat.
Le taux réellement conservé tombe donc à 2,18 %. Sur le marché entier, fonds collectifs compris, la moyenne ressort plutôt à 2,65 %. L’écart entre les deux mesures paraît anecdotique, mais il illustre le problème de fond : chaque source publie un périmètre différent, et aucun de ces périmètres n’est le vôtre.
Cette stabilité a un coût caché. Pour tenir le taux, les assureurs ont puisé dans la provision pour participation aux bénéfices, tombée à 3,7 % des encours fin 2025 contre 4 % un an plus tôt et 4,5 % en 2023. Autrement dit, une partie du rendement 2025 vient du stock, pas du portefeuille obligataire courant.
Les unités de compte : 5,5 %, mais pas pour tout le monde
France Assureurs mesure une performance globale des supports en UC de +5,5 % en 2025, après +5,4 % en 2024. La note méthodologique du document précise le périmètre exact : cette performance est nette des coûts récurrents des fonds, mais brute des frais du contrat. Elle ne représente donc pas le gain de l’épargnant.
Une fois retranchés les 0,88 % de frais de gestion moyens sur les contrats en UC, il reste 4,62 %. C’est ce chiffre qu’il faut retenir, et non le 5,5 % des communiqués. La différence de 0,88 point se retrouve chaque année, indépendamment des marchés.
La moyenne masque par ailleurs des écarts considérables entre familles de supports. Les fonds actions ont gagné 8,1 % quand les supports immobiliers ont encore reculé de 2,9 %, pour la troisième année consécutive. Sur cinq ans, la performance annuelle moyenne des fonds supports d’unités de compte s’établit à +4,9 %, nette de leurs propres frais.
La moyenne n’est jamais votre taux
En 2025, les organismes représentant la moitié des encours ont servi entre 2,3 % et 2,9 %. Un contrat bancaire ancien et un contrat de courtier récent ne jouent pas dans le même intervalle, à allocation identique.
Le rendement dépend d’abord de votre allocation
Sur une année donnée, la répartition entre fonds en euros et unités de compte pèse davantage que le nom inscrit sur le contrat. Le tableau ci-dessous croise les performances 2025 par famille de support avec ce qu’il en reste après les frais moyens du contrat.
| Support | Performance 2025 | Après frais de contrat |
|---|---|---|
| Fonds en eurosCapital garanti, contrats individuels | 2,63 % | déjà net |
| UC actionsFonds actions et ETF | 8,10 % | 7,22 % |
| UC allocation d’actifsFonds diversifiés, profils pilotés | 5,30 % | 4,42 % |
| UC obligatairesObligations et fonds obligataires | 2,20 % | 1,32 % |
| UC monétairesTrésorerie court terme | 2,00 % | 1,12 % |
| UC immobilièresSCPI, SCI, OPCI | −2,90 % | −3,78 % |
| Ensemble des UCMoyenne pondérée par les encours | 5,50 % | 4,62 % |
Performances 2025 par segment publiées par France Assureurs, retraitées des 0,88 % de frais moyens des contrats en unités de compte.
Ce que chaque famille de support a rapporté
Le détail réserve une surprise. Les supports monétaires ont servi 2,0 %, soit moins que le fonds en euros à 2,63 %, alors qu’ils portent un risque de valeur liquidative. La baisse des taux courts explique ce croisement, rare mais logique quand la BCE desserre sa politique.
À l’opposé, la poche actions signe une année à 8,1 %. C’est elle qui tire l’ensemble vers le haut, et c’est aussi elle qui explique pourquoi certains épargnants comparent leur contrat à un compte-titres ou à un PEA plutôt qu’à une assurance vie. La question ne se tranche pas sur la performance brute, mais sur la fiscalité et sur la présence d’une poche garantie.
Un contrat 70/30 a servi environ 3,2 % en 2025
Le calcul se fait en pondérant. Avec 70 % en fonds en euros à 2,63 % et 30 % en unités de compte à 4,62 % net, le rendement global ressort à 3,2 %. En passant à une répartition 50/50, il monte à environ 3,6 %. Un contrat entièrement sécurisé reste à 2,63 %.
Ces trois chiffres décrivent une seule année, et une année favorable aux marchés. En 2022, la même arithmétique aurait donné un résultat négatif sur la poche dynamique. C’est pourquoi une allocation ne se choisit pas sur le rendement de l’exercice précédent, mais sur l’horizon de l’épargne et sur la capacité à supporter une baisse temporaire.
Un point mérite attention : la fiscalité ne frappe pas les deux poches au même moment. Les gains du fonds en euros supportent les prélèvements sociaux chaque année. Ceux des unités de compte restent intacts tant qu’aucun rachat n’intervient, ce qui laisse jouer les intérêts composés sur la totalité de la plus-value.
Les trois couches de frais qui rabotent le taux affiché
Un contrat prélève à plusieurs étages, et les documents commerciaux n’en montrent généralement qu’un seul. Les additionner change la lecture du rendement, surtout sur la partie en unités de compte où les deux premières couches se cumulent chaque année.
Les frais de gestion du contrat : 0,88 % en moyenne
France Assureurs mesure un taux de frais moyen de 0,88 % sur les contrats en unités de compte, stable d’une année sur l’autre. La moyenne cache deux populations : la gestion libre sans frais additionnels, moins chargée, et la gestion sous mandat, dont le poids croissant tire la statistique vers le haut.
Les meilleurs contrats de courtiers en ligne descendent à 0,50 % par an sur les unités de compte. L’écart avec la moyenne représente 0,38 point de rendement, chaque année, sans aucune contrepartie en performance. Sur la poche en euros, ces frais sont déjà déduits du taux annoncé.
Les frais internes des fonds : 1,60 % de plus
Chaque unité de compte porte ses propres frais courants, prélevés à l’intérieur du fonds avant le calcul de la valeur liquidative. La moyenne pondérée par les encours ressort à 1,60 % en 2025, en léger recul de 2 points de base. Cette couche est invisible sur le relevé annuel, puisqu’elle est déjà intégrée aux performances affichées.
Elle varie énormément selon la classe d’actifs. Les fonds obligataires sont moins chargés que la moyenne, les fonds immobiliers nettement plus. Un ETF actions se situe souvent sous 0,30 %, contre 2 % et au-delà pour un fonds immobilier. Le choix des supports pèse donc autant sur les frais que sur la performance brute.
Les frais d’entrée et d’arbitrage, la couche évitable
Les frais sur versement atteignent encore 3 % à 5 % dans certains réseaux bancaires, alors qu’ils sont à zéro chez les courtiers en ligne. Un versement de 10 000 € amputé de 3 % démarre avec 300 € de retard, qu’il faut plus d’une année de fonds en euros pour rattraper.
Les frais d’arbitrage suivent la même logique : facturés entre 0,5 % et 1 % du montant transféré chez certains assureurs, gratuits ailleurs. Ils découragent le rééquilibrage régulier, qui est pourtant l’un des rares gestes de gestion documentés comme utiles sur la durée.
Ce qu’il reste après prélèvements sociaux et inflation
Un rendement se juge une fois les impôts payés et la hausse des prix déduite. Ces deux corrections transforment un taux de 2,63 % en une réalité assez différente, et elles ne s’appliquent ni au même rythme ni aux mêmes supports.
Les prélèvements sociaux tombent chaque année sur la poche euros
Depuis 2011, les intérêts du compartiment en euros d’un contrat multisupport supportent les 17,2 % de prélèvements sociaux au moment de leur inscription en compte, sans attendre le moindre rachat. Sur un taux de 2,63 %, il reste 2,18 % capitalisés.
Les unités de compte échappent à ce prélèvement annuel. Leurs gains ne sont taxés qu’au rachat ou au dénouement du contrat, ce qui laisse la totalité de la plus-value travailler entre-temps. Cet avantage de trésorerie ne se voit sur aucun tableau de rendement, mais il devient significatif au-delà de dix ans.
L’impôt sur le revenu s’ajoute au moment du rachat, sauf abattement. Après huit ans, les gains rachetés bénéficient de 4 600 € d’abattement annuel pour une personne seule, 9 200 € pour un couple. Le taux global descend alors à 24,7 % sur la fraction imposable, contre 30 % avant cette échéance.
Le rendement réel, une fois l’inflation déduite
L’inflation française est ressortie à 0,9 % en moyenne sur 2025. Un fonds en euros à 2,18 % net de prélèvements sociaux a donc dégagé environ 1,3 point de rendement réel. C’est l’un des meilleurs millésimes de la décennie, très loin de 2022 et 2023 où le rendement réel était franchement négatif.
Le contexte 2026 se dégrade légèrement. L’inflation est remontée vers 2 % au printemps, et le Livret A a été relevé à 1,70 % au 1er août 2026 après un point bas à 1,50 %. Le fonds en euros conserve son avance, mais elle se resserre. La comparaison avec un LDD ou une assurance vie mérite d’être refaite chaque semestre.
L’œil de la rédaction
Un point de frais en trop coûte 1 305 € sur dix ans pour 10 000 € placés à 3,5 % au lieu de 2,5 %. Renégocier ou transférer son contrat rapporte souvent plus que traquer le meilleur fonds de l’année.
Retrouver le rendement exact de votre propre contrat
Les moyennes de marché servent de repère, rien de plus. Votre assureur est tenu par la loi de publier des données précises sur votre contrat, et ces documents suffisent à savoir si vous êtes au-dessus ou en dessous du marché.
Ce que dit la loi
Chaque assureur doit publier sur son site le rendement garanti moyen et le taux moyen de participation aux bénéfices de chacun de ses contrats, dans les 90 jours ouvrables suivant le 31 décembre. La publication reste accessible cinq ans au minimum.
Article L. 132-22 du Code des assurancesLe relevé annuel, seul document qui parle de votre contrat
Le relevé de situation reçu au premier trimestre indique la valeur de rachat au 31 décembre, les versements de l’année, les rachats éventuels et le taux servi sur la poche en euros. Il détaille aussi les frais prélevés, ligne à ligne, depuis les obligations de transparence issues de la loi Pacte.
Les contrats fermés à la souscription méritent une lecture particulière. La loi impose à l’assureur de publier séparément les taux des contrats encore commercialisés et ceux des contrats fermés. L’écart entre les deux séries révèle si votre gamme est délaissée au profit des nouvelles offres.
Recalculer soi-même sa performance nette
La formule reste simple sur une année sans mouvement : soustrayez la valeur au 1er janvier de celle au 31 décembre, puis divisez par la valeur de départ. Avec des versements en cours d’année, pondérez-les par leur durée de présence pour éviter de gonfler artificiellement le résultat.
Ce calcul donne la performance nette de tous les frais, y compris ceux que personne n’affiche. Comparez-le ensuite au 2,63 % du fonds en euros et au 4,62 % net des unités de compte, pondérés selon votre propre allocation. Un écart de plus d’un point vers le bas justifie de regarder ailleurs.
Quel rendement attendre en 2026
Le taux 2026 sera annoncé début 2027. Deux paramètres le détermineront : le rendement du portefeuille obligataire des assureurs, et leur arbitrage entre distribuer et remettre en réserve.
Le fonds en euros : entre 2,2 % et 3 % selon les réserves
Les prévisions du marché convergent vers une fourchette large, le scénario central se situant autour de 2,5 % à 2,8 %. La provision pour participation aux bénéfices, à 3,7 % des encours, laisse une marge de manœuvre réelle. Les assureurs disposent de huit ans pour la redistribuer aux assurés.
Un fonds en euros se recharge lentement. Chaque obligation arrivée à échéance est remplacée par un titre acheté aux conditions du moment, ce qui produit une inertie de plusieurs années. Cette mécanique différencie nettement l’assurance vie d’un produit à taux fixe comme le PEL comparé à l’assurance vie, dont la rémunération est gravée à l’ouverture.
Ce que l’horizon change à l’équation
Sur cinq ans, les fonds supports d’unités de compte ont dégagé 4,9 % par an en moyenne. Cette moyenne intègre l’année 2022, franchement mauvaise. Elle illustre le seul argument solide en faveur de la poche dynamique : la durée lisse les mauvais millésimes, à condition de ne pas arbitrer dans la panique.
Le seuil des huit ans ajoute un effet fiscal qui ne dépend d’aucun marché. Passé cette ancienneté, l’abattement annuel de 4 600 € rend une grande partie des rachats non imposables à l’impôt sur le revenu. Ouvrir un contrat tôt, même avec un versement symbolique, fait donc partie du rendement futur.
2,63 % en moyenne, mais 2,3 % à 2,9 % selon l’assureur.
- Vos coordonnées suffisent, un conseiller vous rappelle
- Un point sur vos frais, vos supports et vos objectifs
- Gratuit, sans versement ni engagement
Mise en relation avec un partenaire, signalée conformément à notre charte.
Questions fréquentes
Quel est le rendement moyen d’une assurance vie sur 10 ans ?
Il n’existe pas de série officielle à dix ans tous supports confondus. Sur la décennie écoulée, le fonds en euros a oscillé entre 1,30 % en 2021 et 2,63 % en 2025, avec un creux marqué au moment des taux nuls. Les fonds supports d’unités de compte affichent, eux, 4,9 % par an en moyenne sur les cinq dernières années. Un contrat équilibré tourne donc historiquement autour de 3 % annuels, avec une forte dispersion selon les périodes.
Combien rapportent 100 000 € placés en assurance vie ?
Avec l’allocation moyenne de 70 % en fonds en euros et 30 % en unités de compte, l’année 2025 a produit environ 3 200 € de gain brut. La poche en euros a rapporté 1 841 €, dont 317 € partis en prélèvements sociaux immédiats. La poche dynamique a ajouté 1 386 €, non taxés tant qu’aucun rachat n’intervient. L’épargnant a donc encaissé près de 2 910 € nets sur l’exercice.
Le capital d’un fonds en euros peut-il baisser ?
La garantie porte sur le capital net des frais de gestion, ce qui autorise une érosion si le taux servi tombe sous le niveau des frais annuels. Les intérêts acquis, eux, sont définitivement inscrits au contrat grâce à l’effet cliquet. Le risque théorique restant concerne la défaillance de l’assureur, couverte par le fonds de garantie à hauteur de 70 000 € par assuré et par compagnie.
Peut-on changer de contrat sans perdre son antériorité fiscale ?
Oui, mais uniquement à l’intérieur du même assureur. La loi Pacte autorise le transfert d’un ancien contrat vers un contrat plus récent de la même compagnie, en conservant la date d’ouverture initiale. Passer chez un concurrent impose en revanche un rachat, donc la perte de l’ancienneté fiscale. La comparaison se fait alors entre le gain de rendement attendu et le coût fiscal immédiat de la sortie.