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Prélèvement forfaitaire unique et assurance vie : le vrai calcul que personne ne pose avant de racheter

RubriqueFiscalité de l’assurance-vie en 2025 – Guide complet et stratégique
Mis à jour29.09.2026
Lecture14 min

Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique a grimpé à 31,4 % sur la plupart des revenus du capital. Sauf sur l’assurance vie. Le législateur a choisi de préserver son régime fiscal en gardant les prélèvements sociaux à 17,2 %, alors que la CSG passait de 9,2 % à 10,6 % sur les autres placements. Résultat concret : un rachat d’assurance vie reste taxé à 30 % avant 8 ans et 24,7 % après, exactement comme en 2025. C’est l’une des rares enveloppes à avoir échappé à la hausse votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale.

Cette exception change le calcul d’arbitrage entre l’assurance vie et un compte-titres ordinaire. Pour comprendre l’effet sur vos rachats, il faut décomposer le mécanisme du PFU appliqué à l’enveloppe, brique par brique. C’est exactement ce que le guide complet de la fiscalité de l’assurance vie permet de cadrer dans son ensemble. Cet article se concentre sur le PFU, ses taux, ses seuils, ses cas d’application et le choix éventuel du barème progressif.

Trois leviers conditionnent ce que vous paierez réellement : la date des versements, l’ancienneté du contrat et le montant cumulé de vos primes. Les chiffres et les exemples chiffrés ci-dessous permettent de savoir où se situe votre situation et quelle option d’imposition retenir au moment du rachat ou de la déclaration.

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Le PFU appliqué à l’assurance vie : le cadre 2026

Le prélèvement forfaitaire unique est devenu en 2018 le régime de droit commun des revenus du capital. Sept ans plus tard, son taux varie selon les enveloppes et l’assurance vie en garde un traitement à part. La LFSS 2026 a confirmé cette singularité.

Le mécanisme général du PFU

Le PFU s’applique aux gains tirés des placements financiers, sans tenir compte de votre tranche marginale d’imposition. Il combine deux étages : un impôt forfaitaire sur le revenu et les prélèvements sociaux. Sur la majorité des produits (dividendes, intérêts d’obligations, plus-values mobilières, livrets non réglementés), le taux total atteint désormais 31,4 % en 2026 : 12,8 % d’IR et 18,6 % de prélèvements sociaux. La hausse vient exclusivement de la CSG, montée de 9,2 % à 10,6 % au 1er janvier. L’épargnant n’a aucune démarche à faire : le PFU est prélevé par défaut, soit à la source au fil des versements, soit lors de la déclaration annuelle selon la catégorie de revenu.

L’exception assurance vie en 2026

Les contrats d’assurance vie échappent à la hausse de la CSG votée fin 2025. Leurs prélèvements sociaux restent fixés à 17,2 %, comme en 2024 et 2025. Le PFU appliqué aux rachats reste donc à 30 % avant 8 ans (12,8 % IR + 17,2 % PS), au lieu des 31,4 % qui frappent désormais le compte-titres ordinaire. Le maintien de ce taux est une décision politique : l’enveloppe est protégée pour ne pas pénaliser les 18 millions d’assurés français et les 1 900 milliards d’euros d’encours recensés par France Assureurs fin 2025. L’écart entre l’AV et le CTO se creuse donc mécaniquement de 1,4 point en 2026, ce qui renforce l’intérêt de loger les supports volatils dans l’enveloppe plutôt qu’en direct.

Le saviez-vous

Sur un capital d’un million d’euros qui produit 4 % de rendement annuel, l’écart fiscal entre une assurance vie taxée à 17,2 % de PS et un compte-titres taxé à 18,6 % représente déjà 560 € par an. Sur dix ans, l’écart dépasse 5 600 € à rendement constant.

Les taux selon la durée du contrat

L’ancienneté du contrat est le premier facteur qui détermine le taux applicable. La rupture franche se situe à huit ans révolus depuis la date d’ouverture, et non depuis le dernier versement. Avant ce cap, la fiscalité est uniforme ; après, elle ouvre droit à un taux réduit et à un abattement annuel.

Durée du contratTaux IRPrélèvements sociauxTaux global
Moins de 8 ans12,8 %17,2 %30 %
Plus de 8 ans (versements ≤ 150 000 €)7,5 %17,2 %24,7 %
Plus de 8 ans (fraction au-delà de 150 000 €)12,8 %17,2 %30 %

Avant 8 ans : PFU à 30 %

Lorsque le contrat est rachetable avant son 8e anniversaire, les gains intégrés au montant retiré subissent un PFU plein de 30 %. Ce taux s’applique aux versements effectués depuis le 27 septembre 2017, sans distinction de montant. Aucun abattement n’intervient à ce stade. Concrètement, un rachat partiel de 10 000 € comprenant 2 000 € de plus-values génère 600 € d’impôt (2 000 × 30 %), retenu directement par l’assureur. La somme est imposée même si le rachat est motivé par un imprévu personnel. Ce taux explique pourquoi les conseillers patrimoniaux recommandent rarement d’ouvrir une AV pour un horizon inférieur à 8 ans : avant ce seuil, le compte-titres ou un livret réglementé peuvent l’emporter sur la fiscalité.

Après 8 ans : 24,7 % avec abattement annuel

Une fois le cap des huit ans franchi, le régime bascule. Le taux d’IR descend à 7,5 % et un abattement annuel de 4 600 € sur les gains (9 200 € pour un couple soumis à imposition commune) vient s’imputer avant calcul. L’abattement est renouvelé chaque année civile et fonctionne au niveau du foyer fiscal, tous contrats confondus. Les prélèvements sociaux à 17,2 % continuent de s’appliquer sur la totalité des gains, y compris la fraction couverte par l’abattement. Sur un rachat qui dégage 6 000 € de plus-values pour un célibataire, l’IR ne porte donc que sur 1 400 € (6 000 − 4 600), soit 105 €. Les PS restent dus sur 6 000 €, soit 1 032 €. Pour aller plus loin sur ce régime, consultez la fiscalité de l’assurance vie après 8 ans qui détaille les mécaniques d’optimisation.

Le seuil des 150 000 € de versements

Le taux réduit de 7,5 % après 8 ans ne joue pas indéfiniment. Au-delà de 150 000 € de versements cumulés, le législateur a maintenu un palier qui rappelle le PFU standard. Ce seuil s’apprécie sur l’ensemble des contrats détenus par le souscripteur, et il s’agit bien des primes versées et non de la valorisation atteinte.

Un seuil apprécié sur l’ensemble des contrats

L’administration retient le total des primes nettes versées au 31 décembre de l’année précédant le rachat. Un épargnant qui détient deux contrats à 80 000 € et 90 000 € de versements totaux dépasse donc le seuil, même si aucun des deux n’atteint 150 000 € pris isolément. Le seuil monte à 300 000 € pour un couple marié ou pacsé en imposition commune. Une fois la barre franchie, l’arithmétique se fait au prorata : la fraction des gains correspondant aux versements sous 150 000 € reste à 7,5 %, le reste passe à 12,8 %. L’assureur applique cette répartition lui-même au moment du rachat.

Au-delà : 30 % sur la fraction excédentaire

Pour la part des gains rattachée aux versements au-dessus de 150 000 €, le taux global atteint 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS). Concrètement, un épargnant qui a versé 200 000 € sur son contrat de plus de 8 ans subit ce taux sur 25 % de ses gains (les 50 000 € dépassant le seuil). Le calcul tient compte des rachats antérieurs : l’administration soustrait le capital déjà sorti pour réévaluer l’encours net. Cette mécanique pénalise les gros porteurs mais reste plus douce que les régimes d’épargne concurrents, notamment le PER qui taxe les gains à 30 % sans seuil dégressif.

Attention

Le seuil de 150 000 € ne s’applique qu’à la fraction des versements postérieurs au 27 septembre 2017. Les primes antérieures continuent de relever du régime du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) historique, sans plafond, et leurs gains sont taxés selon les anciens barèmes.

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Le calcul de la part imposable d’un rachat

Quand vous demandez un rachat partiel, l’impôt ne porte jamais sur le total retiré. Il porte uniquement sur la quote-part de gains comprise dans la somme. La formule officielle, codifiée à l’article 125-0 A du CGI et précisée par le BOFiP, permet de la chiffrer exactement.

La formule du prorata gain/capital

La part imposable d’un rachat partiel se calcule ainsi : montant racheté × (plus-values totales du contrat ÷ valeur totale du contrat). Le ratio reflète la proportion exacte de gains contenus dans l’enveloppe au moment du retrait. Par exemple, un contrat valorisé à 50 000 € avec 10 000 € de plus-values totales possède un ratio de 20 %. Sur un rachat de 5 000 €, la part imposable s’établit à 1 000 € (5 000 × 0,2). Le capital initial reste donc protégé : seuls les intérêts générés sont taxés. Cette règle est neutre fiscalement : qu’on retire la moitié ou la totalité du contrat, la pression fiscale relative reste identique.

Trois cas chiffrés pour ancrer le calcul

Cas 1 — Contrat de 5 ans, célibataire. Versements 30 000 €, valeur 36 000 €, rachat partiel de 12 000 €. Part imposable : 12 000 × (6 000 ÷ 36 000) = 2 000 €. PFU à 30 % = 600 € prélevés par l’assureur.

Cas 2 — Contrat de 10 ans, célibataire, versements 60 000 €. Valeur 80 000 €, rachat total. Gains 20 000 €, abattement 4 600 €, base imposable 15 400 €. IR = 15 400 × 7,5 % = 1 155 €. PS = 20 000 × 17,2 % = 3 440 €. Total prélevé : 4 595 €.

Cas 3 — Contrat de 12 ans, couple marié, versements 200 000 €. Gains rachetés 12 000 €, abattement 9 200 €. Base imposable 2 800 €. Le seuil 150 000 € impose un prorata : 75 % à 7,5 % et 25 % à 12,8 %. IR = 2 800 × (0,75 × 7,5 % + 0,25 × 12,8 %) = 247 €. PS = 12 000 × 17,2 % = 2 064 €. Pour les autres situations de rachat, la mécanique reste identique : prorata gains-capital, puis abattement, puis taux selon ancienneté.

PFU ou barème progressif : comment trancher

Le PFU est l’option par défaut, mais l’épargnant garde la possibilité d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option, formalisée par la case 2OP de la déclaration 2042, s’applique globalement à tous les revenus de capitaux mobiliers. Choisir le bon régime peut faire une différence sensible selon la tranche marginale d’imposition.

Quand le barème devient plus intéressant

Le barème progressif l’emporte sur le PFU pour les contribuables non imposables ou imposés à la première tranche de 11 %. Dans ce cas, le taux d’IR effectif sur les gains tombe à 0 % ou 11 %, contre 12,8 % en PFU avant 8 ans (ou 7,5 % après 8 ans, ce qui ferme la fenêtre d’arbitrage). Bercy l’a confirmé en février 2026 : la bascule reste favorable au barème en TMI 0 % ou 11 %. Au-delà, le PFU reprend l’avantage. Le barème intègre par ailleurs une CSG déductible de 6,8 %, qui réduit légèrement le revenu imposable de l’année suivante. Cet effet collatéral, souvent ignoré, peut tirer le calcul en faveur du barème même en TMI 30 % sur certains profils.

L’option case 2OP et la révocabilité 2026

L’option pour le barème se coche à la case 2OP de la déclaration. Jusqu’aux revenus 2025, cette option est irrévocable pour l’année concernée et globale : elle impacte tous les revenus mobiliers du foyer. La loi de finances 2026 introduit un changement notable : à compter de la déclaration des revenus 2026 (printemps 2027), les contribuables pourront modifier leur choix a posteriori, y compris après la clôture du délai de correction. Cette révocabilité ouvre une marge de manœuvre nouvelle, notamment pour les épargnants qui hésitent entre les deux régimes selon leur situation patrimoniale. Pour la déclaration faite en 2026 sur les revenus 2025, en revanche, l’irrévocabilité reste la règle. Mieux vaut donc simuler les deux options avant de cocher, en s’appuyant sur les guides de déclaration d’assurance vie qui détaillent les cases concernées.

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Les versements antérieurs au 27 septembre 2017

Le PFU ne concerne que les versements effectués depuis le 27 septembre 2017. Les primes antérieures conservent leur régime d’origine, dit prélèvement forfaitaire libératoire (PFL), dont les taux varient selon l’ancienneté du contrat au moment du rachat.

Le régime PFL maintenu pour les anciennes primes

Pour les versements faits avant fin septembre 2017, les taux du PFL dépendent uniquement de l’ancienneté du contrat : 35 % si le contrat a moins de 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, 7,5 % au-delà de 8 ans. Ces taux ne comprennent pas les prélèvements sociaux de 17,2 % qui s’ajoutent dans tous les cas. Le PFL reste obligatoire sur cette fraction des gains et n’a pas été remplacé par le PFU. Un contrat ouvert en 2010 avec des versements échelonnés sur 2015, 2018 et 2022 connaît donc deux régimes parallèles selon la date des primes. L’assureur découpe automatiquement la base imposable lors du rachat pour appliquer le bon taux à chaque tranche. Le comparatif détaillé flat tax assurance vie reprend cette dualité au niveau des taux historiques.

À retenir

Pour un contrat ouvert avant 1997 et alimenté avant le 25 septembre 1997, les gains issus de ces primes restent totalement exonérés d’impôt sur le revenu, quelle que soit l’ancienneté au moment du rachat. Seuls les prélèvements sociaux à 17,2 % s’appliquent. Ces contrats anciens conservent une valeur fiscale singulière qu’il vaut mieux vérifier avant tout rachat.

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Questions fréquentes

Le PFU sur l’assurance vie passe-t-il à 31,4 % en 2026 ?

Non. La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 a explicitement préservé l’assurance vie de la hausse de la CSG. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 % au lieu de monter à 18,6 % sur les autres placements. Le taux global du PFU appliqué à l’assurance vie reste donc à 30 % avant 8 ans (12,8 % IR + 17,2 % PS) et 24,7 % après 8 ans sous le seuil de 150 000 € (7,5 % IR + 17,2 % PS). C’est le compte-titres, les livrets non réglementés et les comptes à terme qui subissent la hausse à 31,4 %, pas l’AV.

Le PFU est-il automatique ou faut-il l’option ?

Le PFU s’applique par défaut sans démarche. L’assureur prélève directement le taux forfaitaire au moment du rachat sur les versements postérieurs au 27 septembre 2017. Pour opter au barème progressif de l’impôt sur le revenu, il faut cocher la case 2OP de la déclaration 2042 l’année suivant le rachat. Cette option vaut globalement pour tous les revenus de capitaux mobiliers et reste irrévocable pour l’année en cours, sauf pour les revenus à partir de 2026 où la loi de finances ouvre une révocabilité encadrée.

Comment réduire le PFU sur un rachat ?

Trois leviers principaux. Attendre les 8 ans du contrat fait baisser le taux d’IR de 12,8 % à 7,5 % et débloque l’abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € en couple). Fractionner les rachats sur plusieurs années permet d’utiliser plusieurs fois cet abattement et de rester sous le seuil. Recourir à une avance sur contrat plutôt qu’à un rachat évite toute imposition, puisque l’avance est un prêt de l’assureur gagé sur le contrat. Le rachat n’est alors différé qu’au remboursement de l’avance, à un moment fiscalement plus favorable.

Le PFU s’applique-t-il en cas de succession ?

Non. Le PFU ne concerne que les rachats du vivant du souscripteur. Au décès, les capitaux transmis aux bénéficiaires obéissent à un régime fiscal distinct, prévu aux articles 990 I et 757 B du CGI. Les primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis d’une taxation forfaitaire de 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Les primes versées après 70 ans relèvent de l’abattement global de 30 500 € avec ensuite les droits de succession classiques selon le lien de parenté.

Que se passe-t-il si je dépasse 150 000 € de versements sur plusieurs contrats ?

Le seuil de 150 000 € s’apprécie sur l’ensemble des contrats d’assurance vie et de capitalisation détenus par le souscripteur, pas contrat par contrat. Si vous détenez trois contrats à 60 000 € de versements chacun, vous dépassez le seuil à 180 000 € cumulés. La fraction des gains rattachée aux versements excédant 150 000 € sera taxée à 12,8 % au lieu de 7,5 %, même après 8 ans. L’administration applique ce ratio automatiquement au moment de chaque rachat. Pour un couple soumis à imposition commune, le seuil monte à 300 000 €.

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