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Yomoni ou Ramify : lequel choisir en 2026 ?

RubriqueMeilleure assurance vie en 2026 : comparatif, arbitrages et erreurs à ne pas reproduire
Mis à jour29.09.2026
Lecture14 min

En 2025, la gestion pilotée la plus dynamique de Yomoni a rapporté 11,1 % nets de frais. Celle de Ramify, à niveau de risque équivalent, s’est arrêtée à 5,7 %. Sur les cinq exercices précédents, c’est pourtant Ramify qui affiche la meilleure performance annualisée des deux. Les deux affirmations sont exactes, et aucune ne suffit à trancher.

L’écart tient à des paris de gestion opposés. Yomoni pilote dix profils bâtis presque uniquement avec des ETF actions et obligataires. Ramify empile jusqu’à cinq classes d’actifs, immobilier et non coté compris. Ces deux approches figurent parmi les plus sérieuses de notre comparatif des assurances vie, mais elles ne s’adressent pas au même épargnant.

Depuis le 19 janvier 2026, Ramify facture ses mandats par palier d’encours. Le chiffre de 1,3 % tout compris, encore repris dans la plupart des comparatifs en ligne, ne correspond plus à ce que paie un nouveau client. Ce déplacement change la lecture du duel.

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Deux paris opposés sur la même promesse

Les deux plateformes vendent la même chose : confier son assurance vie à une équipe et à un algorithme, pour nettement moins cher qu’en agence bancaire. Elles divergent ensuite sur presque tout, du statut réglementaire à la composition des portefeuilles. Ces différences se lisent mieux avant d’attaquer les chiffres.

Yomoni, dix exercices réels et un statut de société de gestion

Lancé en septembre 2015, Yomoni est le premier robo-advisor français. Il est agréé société de gestion de portefeuille par l’AMF. Ce statut est plus exigeant que celui de conseiller en investissements financiers, retenu par la plupart de ses concurrents. L’entité de gestion a d’ailleurs été renommée Althéis en 2025. Le contrat lui-même est porté par Suravenir, filiale du Crédit Mutuel Arkéa.

La mécanique reste simple : dix profils de risque, du plus défensif au plus offensif. Ils sont remplis d’ETF, complétés d’une poche de fonds en euros sur les profils prudents. Le ticket d’entrée est de 1 000 €, les versements programmés démarrent à 50 €. Une fonction multicompartiment permet de piloter jusqu’à cent projets dans la même enveloppe.

Surtout, la plateforme aligne dix exercices clos, dont 2018, 2020 et 2022 qui furent tous les trois négatifs sur les marchés actions. Le profil 10 cumule +137,8 % depuis le lancement, soit 8,6 % par an nets de frais. Notre avis détaillé sur l’assurance vie Yomoni revient sur cette piste d’audit.

Ramify, la diversification poussée jusqu’au non coté

Ramify a démarré en 2021 avec un positionnement différent : couvrir tout le patrimoine financier dans une seule interface. La fintech est conseiller en investissements financiers, courtier immatriculé à l’Orias et prestataire de services sur actifs numériques. Deux assureurs portent ses contrats d’assurance vie, Apicil et Generali, ce qui reste rare chez un acteur de cette taille.

Trois gammes structurent l’offre. Essential combine ETF actions, ETF obligataires et fonds en euros. Flagship y ajoute des SCPI. Elite ouvre le private equity, à partir de 10 000 € investis. Chacune existe en version Green, alignée sur l’Accord de Paris. Plus de 65 SCPI sont référencées et plusieurs dizaines de fonds d’actifs privés, dont le fonds maison X Fund.

La limite est celle de la jeunesse : quatre exercices clos seulement. Les courbes longues affichées sur certains portefeuilles proviennent en partie de simulations rétrospectives, ce que la société indique elle-même. Notre avis sur l’assurance vie Ramify détaille cette réserve, importante quand on compare à dix ans d’historique réel.

ContratFrais tout comprisTicket d’entréePerf. 2025, risque max
1 Yomoni VieNotre choix sous 100 000 €Suravenir · 10 profils ETF 0,60 à 1,60 % 1 000 € +11,1 % Demander une étude
2 Ramify VieApicil ou Generali · ETF, SCPI, non coté 1,00 à 1,40 % 1 000 € +5,7 % Lire l’avis

Frais relevés dans les grilles tarifaires en vigueur au 19 janvier 2026 et les conditions générales des assureurs. Performances 2025 nettes de frais, profil 10 pour Yomoni, risque 10 des gammes Essential et Flagship pour Ramify.

Les frais ont changé de camp en janvier 2026

Pendant trois ans, Ramify s’est vendu comme la gestion pilotée la moins chère du marché face à Yomoni. Cet argument reposait sur un tarif unique de 1,3 % par an. La refonte tarifaire de janvier 2026 a rebattu les cartes, et pas dans le sens que retiennent les comparatifs.

La nouvelle grille Ramify par palier d’encours

Depuis le 19 janvier 2026, Ramify facture selon le statut de membre, déterminé par le montant total investi. L’offre d’entrée Premier coûte 1,40 % par an tout compris sur l’assurance vie Apicil. Le statut Black, accessible à partir de 100 000 €, descend à 1,20 %. Obsidian, réservé aux encours les plus élevés, tombe à 1,00 %.

Dans ce total, 0,66 % par an reviennent à l’assureur Apicil, le reste rémunère le mandat et l’accès à la plateforme. Sur le second contrat, assuré par Generali et investi à 100 % en fonds en euros, la facture tombe à 0,90 % quel que soit le statut. Aucun frais d’entrée, de versement ni d’arbitrage n’est prélevé, mais les SCPI conservent leurs propres frais de souscription.

Le chiffre de 1,3 % n’a plus cours

La majorité des comparatifs en ligne citent encore 1,3 % tout compris chez Ramify. Un nouveau client qui verse moins de 100 000 € paie en réalité 1,40 % depuis le 19 janvier 2026. Soit 50 € de plus par an sur 50 000 €.

Chez Yomoni, la facture baisse quand le risque baisse

Yomoni plafonne à 1,60 % par an, tout compris. Le détail : 0,60 % d’enveloppe pour Suravenir, 0,70 % de mandat et environ 0,30 % de frais internes aux ETF. Ce plafond ne s’applique toutefois qu’aux profils les plus offensifs, et c’est le point que les comparaisons frontales manquent presque toujours.

La société ne prélève en effet aucun frais de mandat sur la part logée en fonds en euros. Plus le profil est défensif, plus la facture descend, jusqu’à 0,60 % sur les allocations les plus prudentes. Le tarif de Ramify, lui, reste plat quelle que soit l’allocation retenue. Notre dossier sur les frais d’une assurance vie détaille cet empilement.

0,80 %d’écart de frais annuel en faveur de Yomoni sur les profils les plus défensifs. Soit 400 € par an sur un encours de 50 000 €.

Le raisonnement s’inverse à l’autre bout de l’échelle. Sur le profil le plus dynamique, Yomoni facture 1,60 % contre 1,40 % chez Ramify Premier, soit 0,20 % d’avance pour ce dernier. L’écart reste modeste, et il ne se creuse vraiment qu’au-delà de 100 000 €, quand le statut Black entre en jeu.

Sur un profil prudent, 0,60 % de frais annuels au lieu de 1,40 %, l’écart se voit au bout de dix ans.Mise en relation partenaire Demander une étude gratuite

Deux vérités qui ne se contredisent pas

Chacun des deux acteurs publie des chiffres exacts et arrive à une conclusion opposée. La raison tient au choix de la fenêtre et à la composition des portefeuilles retenus. En regardant exercice par exercice, le tableau devient nettement plus lisible.

2025 a inversé le classement

Sur l’exercice 2025, la gestion classique de Yomoni affiche +11,1 % sur le profil 10, +6,0 % sur le profil 6 et +4,7 % sur le profil 4. Ramify, au risque 10, s’arrête à +5,66 % sur ses gammes Essential et Flagship, et +5,59 % sur Elite. L’écart dépasse cinq points sur les allocations les plus offensives.

Ramify attribue ce retard à son exposition au dollar, dont la dépréciation a pesé sur l’année, et indique avoir réduit cette exposition fin juin 2025. L’explication tient, mais elle rappelle qu’une allocation multi-actifs comporte ses propres risques de change. Une nuance vaut aussi pour Yomoni : sa gestion responsable n’a rendu que 3,0 % sur le profil 10 en 2025, contre 11,1 % en gestion classique.

ExerciceYomoni, profil 10Ramify, risque 10
2024Marchés actions très porteurs +19,6 % +27,1 %
2025Dollar en repli, marchés heurtés +11,1 % +5,7 %
Cumul 2024-2025Deux exercices pleins comparables +32,9 % +34,3 %

Performances annuelles nettes de frais publiées par les deux sociétés. Les profils ne sont pas strictement équivalents : le profil 10 de Yomoni est presque intégralement en ETF actions, le risque 10 de Ramify mêle actions, immobilier et non coté. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Sur cinq ans, Ramify garde l’avantage

Élargir la fenêtre change le résultat. Sur 2021-2025, Ramify publie un rendement annualisé net de 12,31 % à 12,68 % au risque 10. Le MSCI World a rendu 13,1 % bruts sur la même période. La société revendique 1 à 7 points annualisés d’avance sur les portefeuilles équivalents de Yomoni. Le profil 10 de ce dernier progresse, lui, d’environ 52 % sur cinq ans.

Ces chiffres émanent de Ramify et méritent d’être lus comme tels. Ils reposent sur des conventions de calcul maison, sur des profils dont l’exposition actions n’est pas identique, et parfois sur des simulations rétrospectives. En revanche, sur les deux seuls exercices pleins réellement comparables, l’écart cumulé se réduit à 1,4 point. Autrement dit, du bruit statistique plutôt qu’une hiérarchie.

Le private equity n’est plus un argument de vente

L’accès au non coté a longtemps constitué la principale ligne de démarcation entre les deux offres. Une évolution réglementaire l’a largement neutralisée, sans que les comparatifs en tirent les conséquences. Le sujet mérite pourtant d’être repris à la base.

Depuis octobre 2024, le non coté est un plancher légal

La loi industrie verte impose désormais une part minimale d’actifs non cotés dans les mandats de gestion pilotée. Le dispositif s’applique aux versements réalisés depuis le 24 octobre 2024. Il concerne uniquement la gestion déléguée : la gestion libre et le profil prudent restent en dehors du périmètre.

La conséquence est directe. Tout épargnant en profil équilibré ou dynamique détient du capital-investissement, chez Ramify comme chez n’importe quel autre gestionnaire. Yomoni a d’ailleurs ouvert ses premiers fonds de private equity début 2026. La question n’est donc plus de savoir qui en propose, mais avec quelle profondeur de gamme.

§

Ce que dit la loi

En gestion pilotée, un profil équilibré doit comporter au moins 4 % d’actifs non cotés et un profil dynamique au moins 8 %. Le profil prudent et la gestion libre ne sont pas concernés.

Loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023, décret n° 2024-713 du 5 juillet 2024

Ce qui sépare encore réellement les deux offres

La profondeur, justement, reste très inégale. Ramify référence plusieurs dizaines de fonds d’actifs privés et plus de 65 SCPI. Yomoni s’en tient à une poignée de supports non cotés et à une seule société civile immobilière. Pour qui veut construire une allocation immobilière fine à l’intérieur du contrat, l’écart est réel.

Yomoni conserve deux atouts que Ramify n’a pas. Le multicompartiment permet de gérer plusieurs projets dans une seule enveloppe fiscale. Il autorise un mélange de gestion pilotée et de gestion libre à partir de 50 000 €. Son offre de gestion privée s’ouvre aussi à 50 000 €, contre 100 000 € chez Ramify. Le positionnement premium n’est pas toujours du côté qu’on croit.

Lequel pour quel profil

Le montant investi et le niveau de risque accepté suffisent à départager les deux contrats. Ce sont les deux variables sur lesquelles leurs modèles tarifaires réagissent de façon opposée. Le reste relève de préférences secondaires.

Sous 100 000 €, l’écart de frais tranche

En dessous de 100 000 €, un client Ramify reste au statut Premier, donc à 1,40 % par an. Un épargnant prudent ou équilibré chez Yomoni paie mécaniquement moins, entre 0,60 % et 1,20 % selon la part de fonds en euros. Sur un horizon de dix à quinze ans, cet écart pèse davantage que la performance d’un exercice isolé.

S’ajoutent dix ans de résultats publiés et un statut de société de gestion agréée par l’AMF. La réserve porte sur la gamme responsable, nettement en retrait en 2025. Un épargnant attaché à ce filtre a intérêt à comparer avec d’autres spécialistes avant de trancher.

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Au-dessus de 100 000 €, la question change

Le statut Black ramène Ramify à 1,20 % par an, sous les profils dynamiques de Yomoni. À ce niveau d’encours, la profondeur de gamme devient un argument : SCPI, fonds de private equity, PEA piloté et contrat luxembourgeois cohabitent dans la même interface. Un patrimoine diversifié se pilote alors depuis un seul tableau de bord.

La réserve tient toujours au recul disponible, quatre exercices clos. Une troisième voie existe d’ailleurs : ouvrir deux contrats pilotés chez deux gestionnaires et deux assureurs distincts. La même logique s’applique à d’autres duels du marché, comme Nalo ou Yomoni.

L’œil de la rédaction

Le vrai arbitrage n’est pas Yomoni contre Ramify, mais profil défensif contre profil offensif. Sous 100 000 € et avec une poche de fonds en euros, Yomoni facture jusqu’à 0,80 % de moins par an. Au-delà, la grille Black de Ramify reprend l’avantage.

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Le verdict CMAV

Yomoni convient à la majorité des épargnants sous 100 000 €, en particulier sur les profils prudents et équilibrés où ses frais tombent à 0,60 %. Ramify prend le dessus au-delà de 100 000 €, pour qui veut SCPI et non coté dans la même enveloppe. Le choix se joue sur le montant et le profil de risque, pas sur la performance d’un exercice.

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Questions fréquentes

Peut-on cumuler un contrat Yomoni et un contrat Ramify ?

Rien ne l’interdit, le nombre de contrats d’assurance vie n’est pas plafonné. L’antériorité fiscale de huit ans court séparément sur chacun, ce qui plaide pour ouvrir le second tôt. L’intérêt est double : deux styles de gestion et deux assureurs distincts, Suravenir d’un côté, Apicil ou Generali de l’autre. L’inconvénient tient au ticket de 1 000 € par contrat et à la dilution des paliers Ramify, calculés sur le montant total investi chez eux.

Yomoni ou Ramify pour un premier contrat à 1 000 € ?

Les deux acceptent 1 000 € à l’ouverture. Les versements programmés démarrent à 50 € chez Yomoni et 100 € chez Ramify, ce qui compte pour un épargnant qui construit par mensualités. La gamme Elite de Ramify, celle qui donne accès au private equity, réclame 10 000 €. Sur de tels montants, l’écart de frais reste marginal en euros : 0,80 % de 1 000 €, cela fait 8 € par an.

Le fonds en euros est-il accessible à 100 % chez l’un des deux ?

Chez Yomoni, non. Le fonds Suravenir Opportunités 2 n’intervient qu’en complément d’une allocation pilotée, jamais seul. Il ne garantit que 97 % du capital, en contrepartie d’une gestion plus dynamique. Il a servi 3,00 % net en 2025. Chez Ramify, le contrat assuré par Generali autorise une allocation intégralement en fonds en euros, facturée 0,90 % par an. Le fonds Netissima y est proposé, avec des bonus temporaires sur les nouveaux versements.

Que devient l’épargne si Yomoni ou Ramify disparaît ?

Aucun des deux ne détient les fonds. Suravenir porte le contrat Yomoni Vie, Apicil ou Generali portent Ramify Vie. En cas de défaillance du gestionnaire, le contrat se poursuit chez l’assureur, seul le mandat d’arbitrage doit être réorganisé. La garantie du fonds de garantie des assurances de personnes couvre par ailleurs jusqu’à 70 000 € par épargnant et par compagnie d’assurance.

Peut-on transférer son contrat Yomoni vers Ramify ?

Non. Depuis la loi Pacte, un transfert reste possible uniquement à l’intérieur de la gamme d’un même assureur. Suravenir et Apicil étant deux compagnies différentes, passer de l’un à l’autre suppose un rachat total, donc la perte de l’antériorité fiscale et l’imposition des gains. La solution raisonnable consiste à conserver le premier contrat et à orienter les versements suivants vers le second.

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