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Assurance-vie Nouveau CAP : avis 2026
Le fonds en euros de Nouveau Cap a servi 3,05 % en 2025. Le même contrat prélève jusqu’à 2,2 % sur chaque versement. Autrement dit, près de neuf mois de rendement disparaissent avant que le premier euro ne commence à travailler. Ce décalage résume ce qu’est devenu ce contrat MAIF : un fonds en euros honnête logé dans une coquille tarifaire d’une autre époque.
Nouveau Cap n’est plus commercialisé depuis plusieurs années. La MAIF ne propose aujourd’hui qu’un seul contrat à la souscription, l’Assurance Vie Responsable et Solidaire, dont nous détaillons les conditions dans notre avis sur l’assurance vie MAIF. Nouveau Cap, lui, continue de fonctionner normalement pour les adhérents qui l’ont ouvert.
La question ne porte donc plus sur la souscription. Elle porte sur ce que vous faites du contrat aujourd’hui : le laisser dormir, continuer à l’alimenter, ou basculer l’encours vers un support plus récent sans sacrifier votre antériorité fiscale.
+Ce qu’on aime
- Un fonds en euros à 3,05 % en 2025, au-dessus de la moyenne du marché
- Aucun frais de rachat, retraits libres dès 150 €
- Une antériorité fiscale qui dépasse souvent trente ans
−Ce qui coince
- Jusqu’à 2,2 % prélevés sur chaque versement
- Aucune unité de compte : le contrat plafonne au fonds en euros
- Fermé à la souscription, donc figé sur ses conditions d’origine
Un contrat fermé, 2,2 % de frais à l’entrée : faites le point avant de verser.
- Vos coordonnées suffisent, un conseiller vous rappelle
- Un point sur vos frais, vos supports et vos objectifs
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Nouveau Cap MAIF : assureur, statut et fonctionnement du contrat
Nouveau Cap est un contrat d’assurance vie en euros ouvert depuis 1988, bâti sur un montage associatif peu courant. Trois éléments conditionnent tout le reste : qui porte le risque, par quel canal l’adhésion a été signée, et ce qu’implique une commercialisation arrêtée.
Qui assure et qui distribue le contrat Nouveau Cap
Nouveau Cap est un contrat collectif souscrit par l’ADEIR, l’Association pour le développement de l’épargne, de l’investissement et de la retraite, auprès de MAIF VIE. Chaque épargnant y adhère ensuite à titre individuel. Cette structure explique pourquoi la souscription a longtemps été réservée aux adhérents de l’association.
Les documents anciens mentionnent Parnasse-MAIF : l’entité a changé de nom, pas de portefeuille. MAIF VIE est une société anonyme au capital de 122 millions d’euros, immatriculée au RCS de Niort sous le numéro 330 432 782. Le point compte plus qu’il n’y paraît. Le même assureur porte Nouveau Cap, le contrat Responsable et Solidaire et le PER de la mutuelle, ce qui ouvre une porte détaillée plus bas.
Ce que la fermeture à la souscription change pour les adhérents
Fermé ne signifie pas clos. Une adhésion existante continue de vivre : vous pouvez verser, demander des rachats partiels, modifier votre clause bénéficiaire et récupérer votre capital quand vous le souhaitez. En revanche, plus personne ne peut ouvrir un Nouveau Cap aujourd’hui.
La conséquence est tarifaire. Les conditions d’origine restent gravées, y compris les frais sur versement, alors que les contrats commercialisés ont depuis basculé à zéro. Aucune renégociation commerciale n’est à espérer sur un produit que l’assureur ne vend plus. La MAIF a fermé de la même façon son ancien multisupport, dont nous avons détaillé le cas dans notre analyse du contrat Libre Cap.
Un monosupport, pas un multisupport
Nouveau Cap n’a jamais comporté d’unités de compte. Les frais d’arbitrage, les frais de gestion sur UC et les options de gestion pilotée n’ont aucun objet sur ce contrat : la totalité de l’épargne reste sur le fonds en euros.
Rendement du fonds en euros Nouveau Cap : 3,05 % en 2025
Le taux publié en janvier 2026 au titre de l’exercice 2025 s’établit à 3,05 %, net de frais de gestion et brut de prélèvements sociaux. La trajectoire des trois derniers exercices raconte surtout la remontée des taux obligataires.
Taux relevés dans les communications annuelles de MAIF VIE et les relevés de taux publiés en janvier 2026.
Ce que rapporte réellement 3,05 % net de prélèvements sociaux
Les 17,2 % de prélèvements sociaux sont ponctionnés chaque année, directement sur les intérêts du fonds en euros. Le taux réellement encaissé tombe donc à 2,53 %. Sur 20 000 € d’encours, cela représente 506 € crédités au 31 décembre plutôt que 610 €.
Avec une inflation proche de 1 % sur 2025, le rendement réel redevient positif, ce qui n’était plus arrivé depuis 2021. La moyenne du marché ressort à 2,60 % selon France Assureurs : Nouveau Cap passe donc au-dessus du peloton. Notre page sur le taux de rendement des fonds en euros replace ce chiffre dans la série longue.
Un taux aligné sur le contrat actuel, pas un fonds dédié
MAIF VIE ne gère pas un actif séparé pour ses contrats fermés. Le rendement servi sur Nouveau Cap suit celui distribué aux contrats ouverts à la commercialisation. Rester fidèle à l’ancien contrat n’apporte donc aucun bonus de rendement : la performance est identique, seules les conditions tarifaires diffèrent.
Le recul tempère par ailleurs l’enthousiasme. Sur huit exercices, la moyenne du fonds en euros MAIF s’établit à 2,09 % brut de prélèvements sociaux. Les années 2016 à 2022 ont tiré cette série vers le bas, comme chez la quasi-totalité des assureurs. Deux bons exercices ne suffisent pas à effacer une décennie de compression.
Frais de Nouveau Cap : jusqu’à 2,2 % sur chaque versement
C’est le poste qui plombe la note. Là où les contrats récents affichent zéro, Nouveau Cap conserve une grille d’entrée héritée des années 1990, dégressive selon le montant versé mais jamais nulle.
Des frais sur versement dégressifs par tranche
Le taux plafonne à 2,2 % et diminue à mesure que le versement grossit. Sur 10 000 € confiés au contrat, 220 € partent immédiatement et seuls 9 780 € sont réellement investis. Le fonds en euros doit ensuite tourner environ neuf mois au taux de 2025 pour que vous reveniez simplement à votre point de départ.
L’effet se compose dans le temps, en défaveur de l’épargnant. Ces 220 € ne produisent jamais d’intérêts, et leur absence se creuse à chaque exercice. Sur quinze ans, le manque à gagner dépasse 340 € pour ce seul versement, sans compter les versements suivants.
Les frais de gestion sont déjà compris dans le taux affiché
Le taux de 3,05 % est communiqué net de frais de gestion. Autrement dit, la ponction annuelle de l’assureur a déjà été opérée avant publication, et chercher une ligne de frais supplémentaire sur votre relevé n’a pas de sens. Cependant, ce mode d’affichage masque le niveau réel du prélèvement, invisible pour l’adhérent.
Le reste du tableau est clément. Absence d’unités de compte oblige, aucun frais d’arbitrage ne s’applique. Les rachats sont gratuits, partiels comme totaux. Le seul levier d’optimisation consiste donc à ne plus alimenter le contrat, une logique que nous développons dans notre dossier sur les assurances vie sans frais.
Garder, alimenter ou transférer Nouveau Cap : les options réelles
Trois chemins existent, et un seul préserve à la fois l’antériorité fiscale et l’accès à des supports modernes. Encore faut-il que l’assureur accepte de l’ouvrir, car la loi l’autorise sans jamais l’imposer.
Le transfert loi Pacte vers un contrat MAIF plus récent
Depuis 2019, un épargnant peut demander la transformation de son contrat en un autre contrat du même assureur sans perdre son ancienneté fiscale. La condition tient en une phrase : une partie au moins de l’épargne transférée doit rejoindre des unités de compte ou un fonds eurocroissance.
Nouveau Cap et le contrat actuel de la mutuelle étant tous deux portés par MAIF VIE, la condition d’assureur unique est remplie. L’opération ne dépend donc plus que de l’accord commercial de l’assureur, à demander depuis l’espace personnel. Le mécanisme historique reste détaillé dans notre page sur le transfert Fourgous, dont la loi Pacte a élargi le principe.
Ce que dit la loi
La transformation d’un contrat en un autre contrat souscrit auprès de la même entreprise d’assurance n’est pas traitée comme un dénouement : la date d’ouverture initiale est conservée. L’assureur doit mentionner cette possibilité sur le relevé annuel adressé à l’adhérent.
Article 125-0 A du Code général des impôts, modifié par l’article 72 de la loi du 22 mai 2019Ouvrir un second contrat plutôt que d’alimenter celui-ci
La stratégie des deux contrats reste la plus simple. Vous laissez Nouveau Cap en sommeil, avec son ancienneté intacte et son fonds en euros, et vous dirigez vos nouveaux versements vers un contrat sans frais d’entrée. Aucune fiscalité n’est déclenchée puisqu’aucun rachat n’intervient.
L’arbitrage se joue sur deux horloges. Les 2,2 % sont perdus immédiatement et définitivement, alors que le compteur des huit ans d’un nouveau contrat se rattrape simplement en attendant. Pour un épargnant de moins de 60 ans, l’attente coûte presque toujours moins cher que la ponction d’entrée.
L’œil de la rédaction
Verser sur Nouveau Cap ne se défend que sur un horizon long et pour un profil qui refuse tout risque. En dessous de cinq ans de détention prévue, les frais d’entrée avalent l’essentiel du gain attendu.
Faut-il garder son contrat Nouveau Cap ?
La réponse dépend moins du rendement que de la date de votre adhésion. Certains contrats ouverts à la fin des années 1980 transportent un avantage successoral que plus aucun produit vendu aujourd’hui ne peut reproduire.
Une adhésion antérieure au 20 novembre 1991 change le calcul
La fiscalité successorale de l’assurance vie dépend de deux dates charnières. Pour les contrats souscrits avant le 20 novembre 1991, la règle des 70 ans ne s’applique pas : peu importe l’âge auquel les primes ont été versées, c’est le régime de l’article 990 I qui gouverne, avec son abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
Mieux encore, sur ces mêmes contrats, les primes versées avant le 13 octobre 1998 échappent totalement au prélèvement comme aux droits de succession. Un Nouveau Cap alimenté dans les années 1990 peut donc transmettre un capital hors fiscalité, sans plafond. Aucun contrat ouvert aujourd’hui n’offre cette configuration.
Vérifiez la date exacte avant tout arbitrage
Un rachat total ou un transfert mal cadré peut faire perdre ce régime. Demandez votre date d’adhésion et la ventilation de vos primes à l’assureur avant d’engager la moindre opération sur un contrat ancien.
Les profils qui perdent à rester sur un monosupport
À l’opposé, un adhérent de 35 ans qui prépare sa retraite se prive de l’essentiel. Pas d’ETF, pas de SCPI, pas de fonds actions : la totalité de l’épargne reste cantonnée à un fonds en euros dont la vocation est de préserver le capital, pas de le faire croître.
Le même raisonnement vaut pour un patrimoine concentré. Détenir 80 000 € sur un seul fonds en euros expose à un risque discret mais réel, celui de voir le rendement décrocher face à l’inflation pendant plusieurs exercices consécutifs. La diversification se construit ailleurs, sur un contrat qui la permet.
220 € de frais pour 10 000 € versés : c’est le tarif d’un versement sur Nouveau Cap.
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Nouveau Cap se conserve mais ne se nourrit plus. Le fonds en euros tient son rang et l’antériorité fiscale pèse souvent plus lourd que le rendement lui-même. Les 2,2 % prélevés à l’entrée disqualifient en revanche tout nouveau versement, et un contrat sans frais ouvert en parallèle coûte moins cher que la fidélité.
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Questions fréquentes
Comment récupérer l’argent placé sur un contrat Nouveau Cap ?
Deux opérations existent. Le rachat partiel laisse le contrat ouvert et porte sur 150 € au minimum. Le rachat total solde l’adhésion et l’éteint définitivement. La demande se formule depuis l’espace personnel MAIF ou par courrier, avec un relevé d’identité bancaire. Aucun frais de sortie n’est prélevé. L’assureur dispose ensuite d’un délai maximal de deux mois pour verser les fonds, fixé par l’article L. 132-21 du Code des assurances. Au-delà, les sommes portent intérêts de retard. Seule la part de gains contenue dans le retrait est imposée.
Peut-on transférer Nouveau Cap chez un autre assureur ?
Non. La transformation sans perte d’antériorité suppose un nouveau contrat souscrit auprès de la même entreprise d’assurance, ici MAIF VIE. Partir à la concurrence impose donc un rachat, puis une souscription qui repart de zéro. Les gains rachetés sont imposés au passage et le compteur des huit ans redémarre. Sur une adhésion des années 1990, l’opération détruit une ancienneté irremplaçable. La solution la plus courante consiste à conserver l’ancien contrat et à ouvrir le nouveau en parallèle.
Que devient un contrat Nouveau Cap oublié ?
La loi Eckert du 13 juin 2014 encadre ces situations depuis 2016. L’assureur doit vérifier chaque année si ses adhérents sont décédés, puis rechercher les bénéficiaires. Un contrat non réclamé est transféré à la Caisse des dépôts après dix ans d’inactivité, ou trois ans après un décès connu. Les sommes deviennent alors consultables gratuitement sur le site Ciclade, à partir des nom et prénom du titulaire. Elles restent réclamables pendant vingt ans avant de revenir à l’État.
Le taux de 3,05 % est-il garanti pour les années suivantes ?
Non. Le taux d’un fonds en euros est arrêté chaque année après clôture des comptes de l’assureur, puis communiqué en janvier pour l’exercice écoulé. Rien n’engage MAIF VIE sur 2026. En revanche, l’effet cliquet protège l’acquis : les intérêts versés au titre de 2025 rejoignent définitivement le capital et ne peuvent plus baisser. Cette garantie porte sur le capital net investi, donc après prélèvement des frais sur versement. Un taux passé reste un indicateur, pas une promesse.
Sources
Les chiffres et références juridiques cités dans cet article proviennent des documents suivants.
| Source | Ce qu’elle documente |
|---|---|
| MAIFMentions légales du guide assurance vie, décembre 2025 | Souscription du contrat collectif Nouveau Cap par l’ADEIR auprès de MAIF VIE |
| MAIF VIECommunication de taux, janvier 2026 | Rendement de 3,05 % en 2025 et 3,00 % en 2024 |
| FranceTransactionsFiche contrat Nouveau Cap | Rendement 2023 et moyenne sur huit exercices du fonds en euros |
| France AssureursRendements 2025 de l’assurance vie | Moyenne de marché des fonds en euros à 2,60 % |
| Code général des impôtsArticles 125-0 A et 990 I | Transformation de contrat et fiscalité successorale applicable |
| Code des assurancesArticle L. 132-21 | Délai de deux mois pour le versement de la valeur de rachat |