Accueil/Assurance vie Green Got : avis après analyse des frais réels, des fonds et du coût de l’impact
Assurance vie Green Got : avis après analyse des frais réels, des fonds et du coût de l’impact
Green-Got publie ses politiques charbon, la composition exacte de ses portefeuilles et jusqu’au principe de ses rétrocessions. Peu de distributeurs vont aussi loin. Pourtant, le chiffre que retiennent la plupart des épargnants, 1,4 % à 1,5 % de frais de gestion, n’est pas celui qu’ils supportent vraiment. Une fois les frais des fonds ajoutés, la facture annuelle tourne plutôt autour de 2,4 %. La transparence est réelle, la lecture reste exigeante.
GG Planet, lancé début 2024, est assuré par Generali et distribué par la fintech française. Le contrat n’a ni fonds en euros ni gestion libre. Cette configuration le place à part dans notre comparatif des contrats d’assurance vie, où la quasi-totalité des concurrents conservent au moins une poche garantie.
Reste à savoir ce que cette contrainte rapporte. En 2025, les cinq portefeuilles ont rendu entre 2,41 % et 8,35 % nets de frais de gestion. L’écart avec les gestions pilotées généralistes s’explique par un univers volontairement resserré. Il se paie aussi.
+Ce qu’on aime
- 0 € de frais d’entrée, d’arbitrage et de rachat
- Profil Intrépide à 8,35 % en 2025, net de frais de gestion
- Méthode d’exclusion documentée, 99,6 % des fonds analysés écartés
- Retraits annoncés sous 72 heures, sans pénalité
−Ce qui coince
- 2,4 % à 2,5 % de frais réels par an, fonds compris
- Aucun fonds en euros, donc aucune poche sécurisée
- Univers réduit à une trentaine de fonds, gestion pilotée imposée
Faites relire votre contrat par un conseiller en assurance vie.
- Vos coordonnées suffisent, un conseiller vous rappelle
- Un point sur vos frais, vos supports et vos objectifs
- Gratuit, sans versement ni engagement
Mise en relation avec un partenaire, signalée conformément à notre charte.
Un conseiller en assurance vie vous rappelle gratuitement
Frais, fonds en euros, transfert : faites le point sur votre contrat. Sans engagement, aucune souscription en ligne.
GG Planet, ce que vous achetez vraiment
Le nom commercial masque un montage à trois étages. Green-Got vend et gère, Generali assure et administre, les sociétés de gestion fabriquent les fonds. Chacun prélève sa part, et chacun engage sa responsabilité sur un périmètre différent.
Un contrat Generali distribué par une fintech
Green-Got est le nom commercial de Domino SAS, fondée en 2020 par Maud Caillaux, Andréa Ganovelli et Fabien Huet. La société est un établissement de paiement agréé par l’ACPR sous le numéro CIB 17928, et un courtier en assurance immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 21000544.
Autrement dit, Green-Got ne porte pas votre épargne. Le contrat appartient juridiquement à Generali, qui en assume l’administration et la solvabilité. Cette distinction paraît théorique tant que tout va bien. Elle devient décisive le jour où une fintech de sept ans d’existence change de trajectoire.
Le contrat se souscrit sans compte courant Green-Got, ce qui n’a rien d’anecdotique : le compte personnel de la marque démarre à 6,90 € par mois. Le versement initial minimum est fixé à 500 €, et l’ouverture s’effectue intégralement depuis l’application, en une douzaine de minutes selon l’éditeur.
Cinq profils, sept fonds, aucun fonds en euros
Un questionnaire de cinq questions oriente vers l’un des cinq portefeuilles : Sage, Équilibré, Ambitieux, Audacieux, Intrépide. Le souscripteur reste libre du choix final, mais il ne choisit jamais ses supports. La gestion pilotée est la seule option disponible, sans mode libre en parallèle.
Chaque portefeuille agrège environ sept fonds, sélectionnés dans un univers de plus de 4 200 véhicules analysés. Green-Got revendique un taux d’exclusion de 99,6 %. En pratique, la liste retenue tenait à une trentaine de fonds, dont une quinzaine réellement investis fin 2025. Actions internationales, obligations vertes, immobilier responsable et une poche de non-coté sur les profils les plus offensifs composent l’allocation.
Le point structurant tient en une phrase : il n’existe pas de fonds en euros dans GG Planet. Le capital est exposé aux marchés du premier au dernier euro. Là où un contrat classique laisse arbitrer entre sécurité et rendement, celui-ci impose un choix binaire, à l’entrée, entre cinq niveaux de risque.
Les performances 2024 et 2025, profil par profil
Deux exercices complets sont désormais publiés. C’est peu pour juger une gestion, et la comparaison souffre d’une nuance méthodologique que peu de sites relèvent : les portefeuilles ont été remaniés en cours de route.
Performances 2025 nettes de frais de gestion, publiées par Green-Got d’après les données Quantalys, sur des portefeuilles mis à jour le 25 mai 2025.
Le millésime 2025 dans le détail
Une anomalie saute aux yeux quand on lit la grille de haut en bas. Le profil Audacieux a rendu 6,10 %, soit moins que le profil Ambitieux et ses 6,27 %. Un cran de risque supplémentaire s’est donc traduit par un rendement inférieur sur l’exercice.
Ce genre d’inversion arrive dans toutes les gestions pilotées, sur une année isolée. Elle rappelle néanmoins que l’échelle de risque affichée décrit une volatilité attendue, jamais une hiérarchie de performance garantie. En 2024, la même grille allait de 4,05 % sur Sage à 7,17 % sur Intrépide, dans un ordre cette fois régulier.
Second point de vigilance : les portefeuilles publiés ont été refondus le 25 mai 2025. La série 2024 et la série 2025 ne décrivent donc pas exactement les mêmes allocations. Comparer les deux millésimes comme un historique continu revient à additionner deux stratégies différentes.
Le profil Sage n’est pas un profil garanti
GG Planet est investi à 100 % en unités de compte. Même sur le portefeuille le plus prudent, l’assureur s’engage sur le nombre d’unités, pas sur leur valeur. Une année négative reste possible.
Ce que ce portefeuille n’a pas capté
Exclure les énergies fossiles a un coût d’opportunité mesurable. En 2024, le profil le plus offensif de GG Planet s’est arrêté à 7,17 % quand le mandat le plus dynamique de Yomoni affichait 19,6 %. Plus de douze points d’écart sur un seul exercice, pour deux profils de risque comparables.
L’explication tient à la composition des indices. Les grandes capitalisations technologiques américaines ont porté l’essentiel de la hausse mondiale, et une partie d’entre elles ne franchit pas les filtres climatiques de Green-Got. À l’inverse, le secteur des énergies propres sortait d’une correction sévère après son emballement de 2020.
Ce raisonnement se retourne sur longue période. Sur dix ans, l’indice S&P Global Clean Energy Select a dépassé l’indice S&P Global Oil. Le pari n’est donc pas absurde, mais il est thématique. Quiconque cherche d’abord la performance passera plutôt par une gestion pilotée généraliste, moins contrainte dans ses choix.
Frais : ce que coûte vraiment GG Planet
Green-Got communique une grille lisible et sans frais annexes. Le malentendu ne vient pas d’une omission, mais d’un empilement classique dans l’assurance vie en gestion pilotée : deux couches se cumulent, et une seule est mise en avant.
1,4 % au contrat, environ 1 % aux fonds
La première couche est explicite : 0,50 % à 0,60 % pour Generali au titre de l’administration, plus 0,90 % pour Green-Got au titre du mandat de gestion. Total affiché, 1,4 % à 1,5 % par an, prélevés par quart chaque trimestre. Tout le reste est à zéro, y compris les arbitrages, les rachats, la surperformance et le transfert sortant.
La seconde couche ne se voit pas sur le relevé. Chaque fonds prélève ses propres frais avant publication de sa valeur, entre 0,99 % et 1,14 % en moyenne pondérée selon le portefeuille. Certains supports montent nettement plus haut, jusqu’à près de 3 % sur un fonds thématique pesant une fraction de l’allocation.
L’arithmétique devient parlante sur le profil prudent. Le portefeuille Sage a rendu 2,41 % nets en 2025, pour un coût annuel voisin de 2,4 %. Le rendement brut a donc été partagé à peu près à parts égales entre l’épargnant et la chaîne de distribution. Sur les profils offensifs, le même prélèvement pèse proportionnellement bien moins.
Les rétrocessions, annoncées mais rarement chiffrées
Green-Got reconnaît percevoir une part des frais prélevés par certains fonds. L’exemple donné dans sa documentation est explicite : sur un support facturant 0,90 %, environ 0,10 % revient au distributeur et à l’assureur. Ce mécanisme finance l’absence de frais d’entrée et d’arbitrage.
Le sujet mérite mieux qu’un haussement d’épaules. Une rétrocession crée mécaniquement un intérêt à retenir les fonds les plus chargés. Green-Got affirme neutraliser ce biais et privilégier des parts clean share, moins rémunératrices pour le distributeur. La position est cohérente avec son discours, mais elle repose sur sa parole plutôt que sur un audit externe.
Dernier arbitrage assumé : la quasi-absence d’ETF, justifiée par le fait que les grands indices restent exposés aux fossiles. Le raisonnement se tient, mais il coûte cher. Un tracker facture en moyenne 0,30 %, contre plus de 1 % pour les fonds actifs retenus ici. Notre dossier sur les frais d’assurance vie détaille l’effet de cet écart sur vingt ans.
Sécurité, disponibilité et fiscalité
Beaucoup de questions adressées à Green-Got portent en réalité sur l’assurance vie en général. La réponse dépend de qui détient quoi, et le montage à trois acteurs brouille souvent la lecture.
Qui détient réellement votre épargne
Les sommes versées sur GG Planet figurent au bilan de Generali, pas à celui de Green-Got. Si la fintech disparaissait, le contrat survivrait chez l’assureur, qui reprendrait l’administration. Le risque de contrepartie porte donc sur une compagnie européenne de premier plan, pas sur une jeune société.
En cas de défaillance de l’assureur lui-même, le Fonds de garantie des assurances de personnes intervient à hauteur de 70 000 € par assuré et par compagnie. Cette protection couvre l’insolvabilité, jamais la baisse des marchés. Sur un contrat entièrement investi en unités de compte, c’est la seconde qui reste le vrai risque.
L’œil de la rédaction
Ne confondez pas le cantonnement des dépôts du compte courant, logés chez Crédit Mutuel Arkéa, avec l’assurance vie. Ce sont deux dispositifs distincts, régis par des textes différents.
Retraits en 72 heures et fiscalité classique
Un rachat partiel ou total se demande depuis l’application, sans justification ni frais. Green-Got annonce un versement sous 72 heures, ce qui reste rapide pour un contrat en unités de compte, où la vente des supports impose un délai de valorisation.
Côté impôt, GG Planet ne bénéficie d’aucun régime particulier. Avant huit ans, les gains rachetés subissent le prélèvement forfaitaire de 12,8 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € s’applique, porté à 9 200 € pour un couple, et le taux tombe à 7,5 % sous 150 000 € de primes versées.
Une conséquence pratique en découle : ouvrir tôt, même avec 500 €, revient à lancer le compteur fiscal. Le contrat prend date, et la contrainte de risque se gère ensuite par le montant investi plutôt que par la date de souscription.
Pour qui GG Planet tient la route
Le contrat ne cherche pas à plaire à tout le monde, et il vaut mieux le prendre au mot. Son intérêt dépend moins du budget disponible que de la place qu’on lui réserve dans un patrimoine déjà constitué.
Le profil qui y gagne
GG Planet convient à l’épargnant pour qui l’exclusion des fossiles n’est pas négociable, qui dispose déjà d’une épargne de précaution ailleurs, et qui vise un horizon d’au moins huit ans. Sur cette base, un profil Ambitieux ou Intrépide absorbe les 2,4 % de frais sans que la charge devienne déterminante.
La comparaison naturelle se fait avec les autres acteurs de la niche, notamment Goodvest, qui joue sur un ticket d’entrée plus bas et propose un fonds en euros sur l’un de ses deux contrats. Notre comparatif des assurances vie responsables replace les deux offres face à leurs concurrents directs.
Ceux qui paieront trop cher
Trois situations appellent un autre contrat. L’épargnant qui veut sécuriser une partie de son capital n’a rien à faire ici, faute de fonds en euros. Celui qui sait construire une allocation en ETF paiera trois à quatre fois le prix d’une gestion libre pour un service qu’il n’utilisera pas.
Le troisième cas est le plus fréquent : l’épargnant qui cherche un premier contrat polyvalent, capable d’accueillir aussi bien un projet à trois ans qu’une transmission à vingt. GG Planet ne couvre que le second usage. Sur un horizon court, un rachat au mauvais moment fige une moins-value que le contrat n’a aucun moyen d’amortir.
Le même engagement climat, avec une poche sécurisée en option.
- Vos coordonnées suffisent, un conseiller vous rappelle
- Un point sur vos frais, vos supports et vos objectifs
- Gratuit, sans versement ni engagement
Mise en relation avec un partenaire, signalée conformément à notre charte.
GG Planet fait ce qu’il annonce, avec une exigence extra-financière qu’aucun contrat bancaire n’approche. Il le fait à 2,4 % par an, sans fonds en euros et sans gestion libre. À réserver à une poche longue et convaincue, jamais à un contrat unique.
Être rappelé gratuitementFaites relire votre situation par un conseiller, gratuitement
Frais, fonds en euros, transfert : faites le point sur votre contrat. Sans engagement, aucune souscription en ligne.
Questions fréquentes
Faut-il un compte courant Green-Got pour souscrire GG Planet ?
Non. L’assurance vie s’ouvre indépendamment, sans détenir de compte de paiement chez la fintech. La distinction a un intérêt financier direct, puisque le compte personnel est facturé à partir de 6,90 € par mois. Seuls les versements programmés supposent un prélèvement depuis un compte Green-Got, les versements libres pouvant venir de n’importe quelle banque.
Peut-on transférer une assurance vie existante vers GG Planet ?
Non, et la limite ne tient pas à Green-Got. Le droit français interdit le transfert d’un contrat d’assurance vie d’un assureur vers un autre en conservant son antériorité fiscale. La loi Pacte n’autorise le transfert qu’à l’intérieur d’une même compagnie. La seule option consiste donc à ouvrir un nouveau contrat, qui démarre son propre compteur de huit ans.
Combien de temps prend l’ouverture du contrat ?
Green-Got annonce une souscription en une douzaine de minutes, entièrement depuis l’application. Le parcours enchaîne le questionnaire de profil, le choix du portefeuille, la désignation des bénéficiaires puis l’envoi des justificatifs d’identité et de domicile. Le contrat prend date à l’encaissement du premier versement, pas à la validation du dossier.
Green-Got propose-t-il un PER en plus de l’assurance vie ?
Oui, avec la même méthodologie de sélection et un versement initial également fixé à 500 €. La logique diffère sur un point majeur : les sommes versées sur un plan d’épargne retraite sont déductibles du revenu imposable, mais bloquées jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
Que devient le contrat au décès du souscripteur ?
Le capital revient aux bénéficiaires désignés, hors succession. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €, puis d’un taux de 20 % jusqu’à 700 000 €. Pour les primes versées après 70 ans, l’abattement global tombe à 30 500 €, mais les gains produits restent exonérés.
À lire aussi
- Notre avis sur l’assurance vie Nalo
- Linxea ou Goodvest : lequel choisir
- Mon Petit Placement, le contrat pédagogique passé au crible
- Ramify : notre analyse de la gestion pilotée
- Cashbee, l’assurance vie des néobanques d’épargne
- Boursorama Vie : ce que vaut le contrat
- Comment choisir une assurance vie sans se tromper