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Assurance vie Goodvest : avis lucide après analyse des vrais chiffres
Goodvest affiche 7,20 % de performance annualisée sur son portefeuille Audacieux, du 30 avril 2014 au 30 juin 2026. Le chiffre est exact. Il est aussi trompeur : la gestion réelle ne démarre qu’au 19 juillet 2021. Les sept premières années sont un backtest, c’est-à-dire une simulation de ce qu’aurait produit l’allocation actuelle appliquée au passé. Sur la période réellement gérée, la fintech publie des performances annualisées qui plafonnent à 3,53 %, avec un bas de fourchette négatif selon le profil.
Cet écart entre la vitrine et les chiffres nets ne disqualifie pas la maison. Il la situe à sa juste place dans notre comparatif des contrats d’assurance vie : un spécialiste crédible de l’investissement responsable, pas un champion du rendement brut. Sa méthodologie climat reste par ailleurs la plus stricte du marché français.
Deux contrats coexistent pourtant sous la même marque, avec deux assureurs, deux grilles de frais et deux réalités très différentes. Les distinguer change la décision. Le reste tient au coût réel, à ce que ce coût achète, et au type d’épargnant pour qui l’arbitrage tient debout.
+Ce qu’on aime
- La méthodologie climat la plus exigeante du marché, adossée aux données Carbon4 Finance
- Zéro frais d’entrée, de versement, d’arbitrage et de sortie
- Le fonds en euros Objectif Climat servi à 3,26 % net en 2025, classé Article 9
- Un ticket d’entrée à 300 € sur le contrat historique
−Ce qui coince
- Des frais totaux qui montent jusqu’à 1,95 % par an, loin devant Ramify
- Aucune gestion libre sur le contrat Goodvie
- Une performance réellement gérée plafonnée à 3,53 % annualisés depuis 2021
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- Un point sur vos frais, vos supports et vos objectifs
- Gratuit, sans versement ni engagement
Mise en relation avec un partenaire, signalée conformément à notre charte.
Au sommaire
01Deux contrats, deux assureurs 02Ce que la performance affichée ne dit pas 03Les frais, ligne par ligne 04La méthode qui justifie l’écart de prix 05Pour qui Goodvest a du sens 06Questions fréquentesUn conseiller en assurance vie vous rappelle gratuitement
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Deux contrats, deux assureurs, deux réalités
Le nom Goodvest recouvre deux assurances vie distinctes. Goodvie, lancée en 2021 chez Generali Vie. Goodlife, arrivée en juillet 2025 chez Spirica, filiale du Crédit Agricole. Les frais, le ticket d’entrée et la présence d’une poche garantie changent d’un contrat à l’autre. Confondre les deux fausse toute comparaison avec la concurrence.
Goodvie, le socle intégralement en unités de compte
Le contrat historique repose sur des unités de compte, sans poche à capital garanti. Concrètement, la totalité de l’épargne suit les marchés, à la hausse comme à la baisse. Le ticket d’entrée est de 300 €, avec des versements programmés à partir de 50 € par mois. Sept thématiques d’investissement se cumulent librement, du climat à la biodiversité, sur cinq profils de risque allant de prudent à audacieux. En revanche, aucune gestion libre n’est proposée : l’allocation reste pilotée par l’équipe de gestion. Pour un épargnant qui veut arbitrer lui-même entre un fonds euros et des ETF, ce cadre est disqualifiant d’entrée.
Goodlife, l’arrivée tardive du capital garanti
Depuis juillet 2025, Goodvest distribue un second contrat assuré par Spirica. Il apporte ce qui manquait : le fonds en euros Objectif Climat, premier fonds garanti classé Article 9 au sens de la réglementation SFDR. Nuance importante, la garantie porte sur 98 % du capital et non 100 %, le mécanisme de cliquet sécurisant ensuite les intérêts acquis chaque année. Le ticket monte à 500 € sur les formules Basique et Essentiel, et à 10 000 € sur les portefeuilles Impact 360° et Économie réelle. Nous détaillons ce contrat dans notre avis complet sur Goodlife.
Vérifiez le nom du contrat avant de signer
La majorité des avis en ligne parlent de « Goodvest » sans préciser lequel des deux contrats ils commentent. Or l’assureur, la grille de frais et l’accès au fonds en euros diffèrent. Le document à contrôler est l’intitulé exact : Goodvie ou Goodlife.
Ce que la performance affichée ne dit pas
C’est le point le plus mal traité par les comparateurs. Goodvest communique deux séries de chiffres, l’une flatteuse et longue, l’autre plus courte et nettement plus modeste. La première circule partout, la seconde beaucoup moins. Toutefois, seule la seconde décrit ce que la maison a réellement produit.
Sept des douze années annoncées sont une simulation
Le 7,20 % annualisé du portefeuille Audacieux, soit 133,04 % cumulés, court depuis le 30 avril 2014. Goodvest le précise en note de bas de page : la performance antérieure au 19 juillet 2021 est backtestée. Un backtest applique l’allocation d’aujourd’hui aux marchés d’hier, en connaissant déjà l’issue. Il ne comporte ni erreur d’arbitrage, ni frottement, ni décision prise dans l’incertitude. Par conséquent, ces sept années ne valident aucune compétence de gestion. Elles décrivent la mécanique d’un portefeuille théorique sur une décennie haussière pour les actions.
La performance réellement gérée depuis 2021
Sur la période réelle, arrêtée au 31 décembre 2025, Goodvest publie des annualisées comprises entre un bas de fourchette légèrement négatif et 3,53 % selon le profil. L’année 2024 avait mieux tenu, avec des profils Goodvie entre +2,12 % et +6,02 % nets sur le thème Transition Écologique. Ces quatre années et demie couvrent néanmoins un cycle difficile pour les valeurs vertes, pénalisées par la hausse des taux et le désamour des fonds ESG. C’est un contexte, pas une excuse : à horizon comparable, les gestions pilotées généralistes ont fait mieux. Le duel est détaillé dans notre comparatif Goodvest ou Nalo.
Le fonds Objectif Climat sauve le millésime
La poche garantie de Goodlife, elle, tient ses promesses. Lancé en avril 2024 par Spirica, le fonds Objectif Climat a servi 3,31 % net en 2024, meilleure performance du marché cette année-là parmi les fonds à garantie partielle, puis 3,26 % en 2025. Face à une moyenne de marché autour de 2,5 %, l’écart est réel.
Taux relevés dans les communications de Spirica et de Goodvest, nets de frais de gestion et bruts de prélèvements sociaux. Moyenne de marché issue des données France Assureurs.
Une précision que personne ne relaie : Spirica indique servir ce fonds entre 2,96 % et 3,26 % selon la grille de frais du contrat qui l’héberge. Le 3,26 % correspond au haut de la fourchette. Un même fonds logé dans un contrat moins chargé peut donc rapporter davantage.
Les frais, ligne par ligne
Goodvest revendique une tarification lisible et l’absence totale de frais d’entrée. C’est vrai. Le coût se concentre en revanche sur la gestion annuelle, et il faut additionner trois couches pour obtenir le chiffre qui compte réellement.
Entre 1,65 % et 1,95 % par an selon le contrat
Sur Goodlife, la fintech facture 1,45 % hors fonds en euros, dont 0,95 % de mandat et 0,50 % de frais de contrat, auxquels s’ajoutent au minimum 0,35 % de frais courants sur les supports. Sur Goodvie, les frais de gestion sont plafonnés à 1,95 %. Goodvest annonce une fourchette globale de 1,65 % à 1,95 % par an pour ses assurances vie. À titre de repère, Ramify facture environ 1,30 %, Yomoni 1,60 % et Nalo 1,65 %. Le surcoût atteint donc jusqu’à 0,60 point face au moins cher, ce que chiffre notre face-à-face Linxea ou Goodvest.
L’œil de la rédaction
Sur 30 000 € placés dix ans, un demi-point de frais annuels représente environ 1 500 € de capital en moins. Ce n’est pas rédhibitoire, mais l’écart doit être assumé comme le prix d’un filtre climat, jamais présenté comme un détail.
Le portefeuille Économie réelle fait exploser la note
La fourchette officielle ne vaut que pour les portefeuilles investis en fonds cotés. Dès que l’allocation bascule vers le non coté, immobilier durable, dette privée, capital-investissement et groupements forestiers, le total grimpe à environ 2,75 % par an selon l’allocation retenue. Ce niveau reste défendable pour du non coté, généralement bien plus cher ailleurs. Il change néanmoins radicalement l’équation de rendement net, et il n’apparaît sur aucune page tarifaire en première lecture.
La méthode ISR, ce que le surcoût achète vraiment
Payer plus cher n’a de sens que si la contrepartie est vérifiable. Sur ce terrain précis, Goodvest tient un avantage que ni Yomoni, ni Nalo, ni les contrats bancaires étiquetés ISR ne peuvent revendiquer aujourd’hui.
Un alignement 2 °C mesuré par un tiers
La sélection s’appuie sur les données de Carbon4 Finance, fournisseur indépendant spécialisé dans la mesure climatique, avec une trajectoire de réchauffement plafonnée à 2 °C à horizon 2100. Depuis 2024, l’analyse intègre également l’impact sur la biodiversité. Les exclusions sont larges : extraction d’énergies fossiles, tabac, armement, entreprises en infraction avec le Pacte mondial des Nations unies. Les fonds retenus cumulent les labels ISR, Greenfin et Finansol, plus stricts que le seul label ISR utilisé ailleurs. Notre comparatif des assurances vie responsables replace ce niveau d’exigence face au reste du marché.
Les clean shares et la question des rétrocessions
Goodvest investit en parts clean shares, réservées aux institutionnels, qui ne versent aucune commission au distributeur. Autrement dit, la maison n’a pas d’intérêt financier à sélectionner un fonds coûteux plutôt qu’un autre. Ce point d’alignement est rare en gestion pilotée. Une réserve subsiste toutefois : Goodvest reconnaît percevoir des rétrocessions sur les unités de compte dites de diversification, celles du non coté. L’indépendance revendiquée vaut donc pour les poches actions et obligations, pas pour l’intégralité de l’allocation.
Pour qui Goodvest a du sens, et pour qui non
Le tri est plus simple qu’il n’y paraît. Tout dépend de ce que vous placez en premier : l’impact ou le coût. Les deux ne se hiérarchisent pas de la même façon selon le montant investi et l’horizon visé.
Le profil pour lequel le surcoût se défend
Un épargnant qui refuse de financer les énergies fossiles, même indirectement, ne trouvera pas d’équivalent en France. Ajoutez un horizon d’au moins huit ans, un versement initial modeste et l’envie de déléguer entièrement la gestion : le compromis tient. Sur un ticket de 300 € à quelques milliers d’euros, un demi-point de frais coûte quelques dizaines d’euros par an, un prix acceptable pour une cohérence réelle.
Trois cas où il faut passer votre chemin
Premier cas, vous visez le rendement net avant tout : Ramify coûte 0,60 point de moins et affiche un historique réel plus solide. Deuxième cas, vous voulez arbitrer vous-même entre fonds euros, ETF et SCPI : la gestion pilotée exclusive bloque toute liberté d’allocation. Troisième cas, votre priorité est la neutralité bancaire du quotidien plutôt que le placement, et une offre comme Green-Got répond mieux à ce besoin. Sur des montants à six chiffres, enfin, l’écart de frais devient un vrai coût d’opportunité qu’il faut chiffrer avant de signer.
Goodlife : fonds en euros Article 9, garanti à 98 %.
- Vos coordonnées suffisent, un conseiller vous rappelle
- Un point sur vos frais, vos supports et vos objectifs
- Gratuit, sans versement ni engagement
Mise en relation avec un partenaire, signalée conformément à notre charte.
Goodvest reste la proposition la plus crédible pour aligner une assurance vie sur l’Accord de Paris, et le fonds Objectif Climat justifie une part réelle du surcoût. À réserver aux épargnants convaincus et patients, pas à ceux qui cherchent le meilleur rendement net ou la main sur leur allocation.
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Frais, fonds en euros, transfert : faites le point sur votre contrat. Sans engagement, aucune souscription en ligne.
Questions fréquentes
Que devient mon contrat si Goodvest disparaît ?
Goodvest n’est pas assureur mais courtier et conseiller en investissements financiers, immatriculé à l’ORIAS et contrôlé par l’ACPR et l’AMF. Les fonds sont détenus par Generali Vie pour Goodvie et par Spirica pour Goodlife. En cas de défaillance de la fintech, le contrat se poursuit chez l’assureur, sans interruption. La garantie du Fonds de garantie des assurances de personnes s’applique par ailleurs à hauteur de 70 000 € par souscripteur et par assureur.
Combien de temps faut-il pour récupérer son argent ?
Goodvest annonce des retraits traités sous 72 heures, délai auquel s’ajoute le virement bancaire. L’épargne reste donc disponible à tout moment, contrairement à une idée reçue tenace sur l’assurance vie. Attention toutefois, un rachat avant huit ans reste fiscalisé au prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur la seule part de gains. Sur un contrat récent, sortir tôt coûte cher en fiscalité et prive de l’abattement annuel.
Goodvest propose-t-il aussi un PER ?
Oui, un plan d’épargne retraite assuré par Generali Retraite, également accessible dès 300 €. Goodvest annonce des frais totaux de 1,55 % à 1,75 % par an, soit un cran en dessous de ses assurances vie. La contrepartie est le blocage de l’épargne jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé comme l’achat de la résidence principale. L’avantage fiscal à l’entrée compense ce blocage pour les tranches marginales élevées.
Peut-on choisir ses fonds soi-même ?
Pas sur le contrat Goodvie. Vous sélectionnez un profil de risque parmi cinq et jusqu’à sept thématiques cumulables, puis l’équipe de gestion construit et arbitre l’allocation. Ce fonctionnement s’oppose frontalement à un contrat en gestion libre, où l’épargnant compose lui-même son portefeuille parmi des centaines de supports. Si le pilotage vous importe, le modèle Goodvest ne conviendra pas, quelle que soit la qualité du filtre climat.
Y a-t-il des frais de sortie ou d’arbitrage ?
Aucun. Les versements, les arbitrages réalisés par l’équipe de gestion et les rachats se font sans frais spécifiques. Le coût est intégralement concentré sur les frais de gestion annuels, entre 1,65 % et 1,95 % selon le contrat et le portefeuille. Cette structure joue en faveur des versements programmés, puisque chaque euro versé est investi en totalité, sans ponction à l’entrée comme chez de nombreuses banques de réseau.