Accueil/Goodvest ou Nalo : le vrai arbitrage derrière deux gestions pilotées qu’on oppose trop vite
Goodvest ou Nalo : le vrai arbitrage derrière deux gestions pilotées qu’on oppose trop vite
Zéro euro de frais d’entrée chez l’un, zéro euro chez l’autre. Le même assureur historique, Generali, derrière les deux contrats phares. Et 0,25 point de frais annuels d’écart, soit moins que ce que fait bouger une seule séance de marché. Sur le papier, Goodvest et Nalo se ressemblent au point qu’on peut hésiter des semaines. Ce qui les sépare réellement ne figure sur aucune grille tarifaire.
Les deux maisons vendent de la gestion pilotée en ligne à des épargnants qui ne veulent pas arbitrer eux-mêmes. Toutes deux revendiquent une offre responsable. Mais elles ne placent pas le curseur d’exigence au même endroit, et c’est là que se joue l’arbitrage. Pour situer ces deux acteurs face au reste du marché, notre comparatif des contrats d’assurance vie donne le cadre général.
Concrètement, la question à trancher n’est pas « qui est le moins cher ». Elle tient en une phrase : voulez-vous une épargne filtrée au maximum sur son impact, ou une épargne découpée par projet avec des frais légèrement plus bas ? Les chiffres qui suivent répondent aux deux.
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Au sommaire
01Deux modèles qui ne visent pas la même chose 02Le comparatif chiffré 03Les frais réels, contrat par contrat 04Performances 2021-2025 05Le vrai arbitrage se joue sur le label 06Pour quel profil chacun 07Questions fréquentesDeux modèles qui ne visent pas la même chose
Les deux courtiers font de la gestion sous mandat en ligne, sans frais d’entrée ni d’arbitrage. La ressemblance s’arrête à peu près là. L’un construit son offre autour d’un filtre d’exclusion, l’autre autour d’une architecture d’objectifs.
Goodvest a fait de l’exclusion sa méthode
Lancée en 2021, Goodvest est une entreprise à mission, immatriculée à l’ORIAS comme courtier. Elle distribue deux contrats : Goodvie, assuré par Generali, et Goodlife, assuré par Spirica depuis juillet 2025. La gestion est intégralement pilotée, sans option de gestion libre.
Le point différenciant tient à la sélection. Là où la plupart des acteurs se contentent du label ISR, Goodvest va chercher des fonds labellisés Greenfin et Finansol, dont les référentiels excluent totalement les énergies fossiles. L’épargnant choisit un profil parmi cinq, du prudent à l’audacieux, puis coche les thématiques qui l’intéressent parmi sept univers. Notre avis détaillé sur Goodvest revient sur le fonctionnement du comité d’allocation.
Nalo a fait du projet son unité de compte
Nalo est plus ancienne : lancée en 2017, rachetée depuis par le groupe Apicil, troisième groupe français de protection sociale. Son idée fondatrice reste le Multiprojet. Au sein d’un même contrat, l’épargnant ouvre plusieurs poches distinctes, chacune avec son horizon et son allocation propre.
Le moteur croise quatre orientations thématiques avec 101 niveaux d’allocation, soit 404 combinaisons possibles. Le portefeuille se sécurise automatiquement à mesure que l’échéance approche. Côté contrats, Nalo Patrimoine est assuré par Generali et reste en architecture ETF pure. Nalo Flex, assuré par Apicil, ajoute une poche immobilière via SCPI, avec un minimum de 10 % du projet concerné.
L’œil de la rédaction
Le Multiprojet de Nalo n’est plus une exclusivité : ouvrir deux contrats distincts chez n’importe quel courtier produit le même effet, avec en prime deux assureurs différents. L’argument pèse donc moins lourd qu’en 2019.
Le comparatif chiffré
Les chiffres ci-dessous portent sur les contrats d’assurance vie uniquement, hors PER et hors livret. Ils intègrent la totalité des couches de frais, y compris celles des fonds sous-jacents, ce que les grilles commerciales omettent souvent.
| Contrat | Frais annuels tout compris | Ticket d’entrée | Fonds en euros 2025 | ||
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | GoodvestNotre choix responsableGoodvie (Generali) et Goodlife (Spirica) | 1,45 % à 1,90 % | 300 € / 500 € | 3,26 % | Demander une étude |
| 2 | NaloNalo Patrimoine (Generali) et Nalo Flex (Apicil) | 1,65 % | 1 000 € / 500 € | 2,90 % | Lire l’avis |
Frais, tickets d’entrée et rendements relevés dans les conditions générales des contrats et les communications 2025 des deux courtiers.
Le ticket d’entrée mérite une lecture attentive
Goodvie s’ouvre à partir de 300 €, mais cette porte basse suppose un versement programmé mensuel de 50 €. Sans engagement récurrent, le minimum remonte à 1 000 €. Goodlife demande 500 € et n’impose rien ensuite.
Chez Nalo, Nalo Patrimoine réclame 1 000 € à l’ouverture, sans obligation de verser par la suite. Nalo Flex descend à 500 €, mais son horizon recommandé est de dix ans du fait de la poche SCPI. Autrement dit, le contrat le plus accessible des deux gammes n’est pas celui qu’on croit : c’est Goodvie, à condition d’accepter le versement automatique.
Trois assureurs, et un plafond de garantie à surveiller
Un courtier n’est jamais l’assureur. Goodvest s’appuie sur Generali et Spirica, Nalo sur Generali et Apicil. En cas de défaillance d’une compagnie, le Fonds de garantie des assurances de personnes couvre 70 000 € par assuré et par compagnie.
Ce plafond a une conséquence pratique que les comparatifs ignorent. Détenir Goodvie et Nalo Patrimoine revient à concentrer les deux contrats chez Generali, donc sous un plafond unique. En revanche, associer Goodlife (Spirica) à Nalo Patrimoine (Generali) répartit le risque sur deux compagnies. Pour un capital supérieur à 70 000 €, l’arbitrage change de nature.
Les frais réels, contrat par contrat
La comparaison habituelle oppose 1,65 % chez Nalo à 1,90 % chez Goodvest, et conclut à l’avantage Nalo. Cette lecture est juste pour un seul des quatre contrats en présence. Elle s’inverse dès qu’on change de ligne.
La décomposition ligne à ligne renverse le classement
Sur Goodvie, la facture se répartit en trois couches : 0,60 % pour l’assureur, 0,90 % pour Goodvest, et 0,20 % à 0,40 % pour les fonds. Total compris entre 1,70 % et 1,90 %. Sur Nalo Patrimoine, ce sont 0,85 % pour Generali, 0,55 % pour Nalo et environ 0,25 % pour les ETF, soit 1,65 %.
Goodvest est donc moins cher sur la couche assureur, plus cher sur le mandat et sur les fonds. La raison tient à sa méthode : elle retient des fonds actifs en parts clean share, plus coûteux qu’un ETF indiciel. Sur Goodlife, en revanche, le total tombe autour de 1,45 %, sous Nalo. Le contrat le moins cher des quatre est un contrat Goodvest.
Ce que 0,25 point coûte vraiment sur vingt ans
Un quart de point paraît anecdotique. Sur la durée, il ne l’est pas. Prenons 50 000 € placés pendant vingt ans, avec une performance brute identique de 5 % par an dans les deux cas.
À 1,65 % de frais, le capital termine autour de 96 600 €. À 1,90 %, il termine autour de 92 100 €. L’écart approche 4 600 €, soit près de 9 % du versement initial, pour un quart de point annuel. Ce calcul suppose évidemment une performance strictement identique, hypothèse que l’historique dément. Il donne néanmoins l’ordre de grandeur du poste de frais.
Performances 2021-2025 : aucun des deux ne domine
Goodvest publie depuis 2021, Nalo depuis 2019. Pour comparer honnêtement, on se limite aux exercices communs, de 2021 à 2025. Sur cette fenêtre, aucune des deux maisons ne prend l’ascendant de façon nette.
L’année 2022 a séparé les deux maisons
Le krach obligataire de 2022 a frappé les deux acteurs, mais pas avec la même violence. Le profil prudent de Goodvest a reculé de 20,0 %. Chez Nalo, le portefeuille responsable à 10 % d’actions a limité la casse à 11,2 %.
L’explication est structurelle. Goodvie ne comporte aucun fonds en euros : un profil prudent y reste investi à 100 % en unités de compte, obligations vertes comprises. Nalo Patrimoine dispose du fonds Netissima, qui amortit. Sur les profils dynamiques, le rapport s’inverse : environ +4,05 % annualisés sur 2021-2025 pour le profil audacieux de Goodvest, contre +3,26 % pour le portefeuille responsable le plus offensif de Nalo.
Les portefeuilles responsables de Nalo restent derrière ses portefeuilles classiques
Sur 2021-2025, l’allocation classique de Nalo a rendu jusqu’à +7,3 % par an sur le profil le plus offensif, contre +2,6 % pour son équivalent responsable. Choisir l’option ISR chez Nalo a un coût de performance assumé.
Les deux reportings ne se superposent pas
Un détail méthodologique invalide la plupart des tableaux qui circulent. Nalo publie ses performances par tranche d’exposition actions, de 10 % à 100 %. Goodvest publie par profil nommé, du prudent à l’audacieux, sans dévoiler la part actions exacte de chacun.
Aligner le « prudent » de Goodvest sur le « 10 % actions » de Nalo relève donc de l’approximation. Les deux ne portent pas le même risque, et la comparaison surestime ou sous-estime selon les années. La seule lecture solide consiste à raisonner par extrémité de gamme. Le même biais affecte d’ailleurs les duels entre robo-advisors, comme le montre notre comparatif Nalo ou Yomoni.
Le vrai arbitrage se joue sur le niveau du label
Les deux courtiers affichent une offre responsable. Sauf que « responsable » recouvre au moins trois barres d’exigence différentes, et que les deux maisons ne visent pas la même. C’est ici que le choix se tranche vraiment.
ISR réformé, Greenfin, article 9 : trois barres distinctes
Le label ISR a été profondément revu en mars 2024. Il exclut désormais le charbon, les hydrocarbures non conventionnels et les nouveaux projets fossiles. L’effet est mesurable : parmi les fonds qui ont perdu la certification, 41 % restaient exposés aux fossiles non conventionnels, contre 14 % des fonds encore labellisés.
Le label Greenfin va plus loin et exclut l’intégralité de la chaîne de valeur fossile. L’article 9 du règlement SFDR, lui, impose un objectif de durabilité au fonds, pas seulement une prise en compte. Nalo bâtit ses portefeuilles responsables sur des ETF labellisés ISR. Goodvest empile ISR, Greenfin et Finansol. Notre panorama des assurances vie responsables détaille les référentiels un par un.
Depuis la loi Industrie Verte, le label seul ne différencie plus rien
La loi du 23 octobre 2023 a changé la donne. Tout contrat en unités de compte doit désormais référencer au moins un support pour chaque label reconnu par l’État, ISR et Greenfin compris. L’obligation figure à l’article L.131-1-2 du Code des assurances.
Conséquence directe : afficher un fonds labellisé n’est plus un argument, c’est une obligation légale. Depuis le 24 octobre 2024, les nouveaux contrats doivent aussi proposer une gestion pilotée intégrant une part minimale d’actifs non cotés, 4 % sur un profil équilibré et 8 % sur un profil dynamique. Ce qui distingue encore un acteur, c’est donc la méthode de sélection au-delà du minimum réglementaire. Sur ce terrain précis, Goodvest a plusieurs longueurs d’avance.
Pour quel profil chacun
Les deux contrats fonctionnent, servis par des courtiers sérieux et des assureurs solides. Le choix dépend de ce que vous attendez en priorité de votre épargne pilotée.
Goodvest si l’impact pèse autant que le rendement
Goodvest convient à l’épargnant qui refuse tout compromis sur la sélection. Les avis clients suivent : 4,9 sur 5 sur Trustpilot, sur plus de 300 évaluations, contre 3,6 pour Nalo sur une base plus étroite.
Le profil type accepte un coût marginal de frais en échange d’une méthodologie garantie. Deux réserves subsistent : l’historique reste court, et Goodvie ne comporte aucun fonds en euros. Pour un épargnant prudent, Goodlife et son fonds Objectif Climat, servi à 3,26 % en 2025 avec une garantie à 98 %, répondent mieux au besoin.
Nalo si vous pilotez plusieurs projets à la fois
Nalo garde l’avantage quand plusieurs échéances coexistent : études des enfants à huit ans, apport immobilier à trois ans, retraite à vingt ans. Chaque poche vit sa propre trajectoire de sécurisation, sans multiplier les contrats.
L’autre atout tient à la souplesse d’univers. Si le filtre responsable n’est pas votre critère premier, l’allocation classique de Nalo a délivré jusqu’à +7,3 % annualisés sur 2021-2025. Les limites sont connues : 37 unités de compte seulement, aucune gestion libre, et une seule SCPI référencée sur Nalo Flex.
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Sur le terrain de l’investissement responsable, qui est celui de cette comparaison, Goodvest l’emporte : sélection plus stricte, meilleure performance sur les profils dynamiques, et un contrat Goodlife moins cher que Nalo. Nalo reste le meilleur choix si vous gérez plusieurs projets sous un contrat unique, ou si le filtre responsable n’est pas votre priorité.
Être rappelé gratuitementQuestions fréquentes
Peut-on transférer son contrat de Nalo vers Goodvest ?
Non. Il n’existe aucun mécanisme de transfert entre deux contrats d’assurance vie détenus chez des distributeurs différents, même lorsque l’assureur est le même. Passer de l’un à l’autre suppose un rachat, donc une fiscalité sur les gains et la perte de l’antériorité fiscale. Le transfert Fourgous ne fonctionne qu’au sein d’une même compagnie, sur décision de celle-ci. Mieux vaut conserver l’ancien contrat pour son antériorité et alimenter le nouveau en parallèle.
Que se passe-t-il si Goodvest ou Nalo cesse son activité ?
Votre épargne n’est pas détenue par le courtier mais par l’assureur : Generali, Spirica ou Apicil selon le contrat. La disparition du distributeur ne met donc pas le capital en jeu, seule la gestion changerait de main. Le risque réel porte sur l’assureur, couvert par le Fonds de garantie des assurances de personnes à hauteur de 70 000 € par assuré et par compagnie.
Peut-on passer en gestion libre chez l’un ou l’autre ?
Aucun des deux ne le propose. Goodvie, Goodlife, Nalo Patrimoine et Nalo Flex sont tous des contrats à mandat d’arbitrage exclusif. Vous choisissez un profil, un horizon et éventuellement des thématiques, mais vous n’achetez ni ne vendez de support vous-même. Un épargnant qui veut arbitrer ligne à ligne doit se tourner vers un courtier en architecture ouverte, avec plusieurs centaines de supports accessibles.
Les performances affichées sont-elles nettes d’impôt ?
Non. Les performances publiées par les deux acteurs sont nettes de frais de gestion, ceux de l’assureur, du mandat et des fonds sous-jacents. Elles ne tiennent pas compte de la fiscalité, qui dépend de votre situation et du moment du rachat. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent aux gains, et l’impôt varie selon l’ancienneté du contrat.
Faut-il choisir, ou peut-on ouvrir les deux ?
Rien n’interdit de détenir plusieurs contrats, et cette solution a du sens ici. Ouvrir Goodlife chez Spirica et Nalo Patrimoine chez Generali répartit le capital sur deux assureurs distincts, donc sous deux plafonds de garantie. Cela expose aussi à deux philosophies de gestion, l’une concentrée sur la transition, l’autre diversifiée sur les marchés larges. Les deux compteurs fiscaux de huit ans démarrent en même temps.