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Comparatif assurance-vie responsable : quel contrat choisir en 2026 ?

RubriqueMeilleure assurance vie en 2026 : comparatif, arbitrages et erreurs à ne pas reproduire
Mis à jour29.09.2026
Lecture14 min

Le fonds en euros Objectif Climat a servi 3,26 % nets en 2025. Il est classé article 9 SFDR, le niveau le plus exigeant du règlement européen, et il exclut les énergies fossiles de son bilan. Ce même fonds se retrouve dans deux contrats très différents : Goodlife, dont le coût annuel observé tourne autour de 1,85 %, et Linxea Spirit 2, qui facture 0,50 % de frais de gestion. Même moteur vert, deux additions.

L’écart ne vient donc pas du label. Depuis la loi Industrie Verte, chaque contrat multisupport doit référencer au moins une unité de compte labellisée ISR et une labellisée Greenfin. Le tri se joue ailleurs : sur la profondeur du filtre extra-financier et sur l’empilement des frais, exactement comme dans un comparatif assurance vie classique.

Cinq contrats concentrent l’offre crédible en 2026 : Goodvest, Green-Got, Linxea Spirit 2, Nalo et Yomoni. Trois modèles économiques les séparent, et deux d’entre eux n’offrent aucune poche garantie. Le choix se règle donc en trois questions : quel filtre, quel coût, quelle sécurité.

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Cinq contrats responsables, trois modèles économiques

Le classement ci-dessous trie les contrats par exigence du filtre extra-financier, pas par qualité globale. Un contrat peut arriver dernier sur ce critère et rester excellent par ailleurs. Les coûts totaux intègrent les frais internes des supports sélectionnés, seule mesure comparable d’un modèle de gestion à l’autre.

ContratFrais de gestionCoût total annuelPoche garantie
1 GoodvestNotre choix 2026Spirica ou Generali · filtre intégral 1,45 % 1,85 % Objectif Climat, 3,26 % Demander une étude
2 Green-Got GG PlanetGenerali · fonds labellisés uniquement 1,40 à 1,60 % 2,20 à 2,40 % Aucune Lire l’avis
3 Linxea Spirit 2Spirica · gestion libre 0,50 % 0,62 à 0,90 % Objectif Climat, 3,26 % Demander une étude
4 Nalo, option ISRGenerali · ETF best-in-class 1,35 % 1,60 % Netissima, non labellisé Lire l’avis
5 Yomoni, profil ESGSuravenir · ETF ISR 1,30 % 1,55 % Fonds euros non labellisé Demander une étude

Frais et rendements relevés dans les conditions générales et les documents d’information des distributeurs, août 2026. Le classement porte sur l’exigence du filtre extra-financier, pas sur la qualité globale du contrat.

Ce que la colonne des frais ne montre pas

Le surcoût d’un contrat responsable en gestion pilotée tient rarement au mandat lui-même. Il vient des supports retenus. Green-Got ne sélectionne que quelques dizaines de fonds actifs labellisés Greenfin ou ISR strict, sur les milliers de supports commercialisés en France. Ces fonds facturent en interne 0,3 % à 2,5 % par an, contre 0,15 % à 0,30 % pour un ETF.

Nalo et Yomoni prennent le chemin inverse. Leurs allocations responsables reposent sur des ETF indiciels filtrés ESG, dont les frais internes restent proches de 0,25 %. Le résultat se lit dans la colonne du coût total : à modèle de gestion identique, l’écart entre une sélection active et une sélection indicielle atteint près d’un point par an.

Le même fonds euros vert, deux prix

Spirica distribue Objectif Climat dans Goodlife et dans Linxea Spirit 2. La performance brute du fonds est identique dans les deux contrats. Ce sont les frais de gestion du contrat qui se déduisent ensuite, et ils ne sont pas du même ordre : 0,40 % pour Spirica plus 1,05 % de mandat chez Goodvest, contre 0,50 % tout compris en gestion libre chez Linxea.

Payer le mandat se justifie donc uniquement si vous ne voulez pas construire l’allocation vous-même. C’est un arbitrage de temps, pas de qualité de support. À noter par ailleurs que Goodvie, le contrat historique de Goodvest assuré par Generali, reste accessible dès 300 € mais sans aucune poche garantie. Notre analyse détaillée de Goodvest revient sur cette double gamme.

Labels ISR, Greenfin, article 9 : ce qui certifie quoi

Trois sigles circulent sur les pages commerciales, et ils ne mesurent pas la même chose. Deux sont des labels d’État français, audités chaque année par un organisme indépendant. Le troisième est une classification européenne déclarative, dont le niveau d’exigence dépend du gestionnaire.

Le label ISR n’est plus le tampon de 2020

Le nouveau référentiel s’applique aux fonds commercialisés depuis mars 2024, puis aux fonds déjà labellisés depuis le début 2025. Il exclut le charbon et les hydrocarbures non conventionnels au-delà de 5 % du chiffre d’affaires, ainsi que toute entreprise lançant de nouveaux projets d’exploration fossile. Il impose aussi d’écarter les 30 % de valeurs les moins bien notées de l’univers de départ.

Le tri a été brutal. Début 2025, 939 fonds seulement avaient adopté le nouveau cahier des charges, soit 70 % de ceux qui portaient le label fin 2024. L’effet mesuré un an plus tard est réel : selon l’étude Epsor, l’exposition aux énergies fossiles non conventionnelles est passée de 49 % à 14 % des fonds concernés, avec une empreinte carbone moyenne en baisse de 10 %.

1 045fonds portent le label ISR en 2026, sous le nouveau référentiel. Près d’un tiers des fonds labellisés fin 2024 ont renoncé à la certification.

Greenfin et article 9, les deux crans au-dessus

Greenfin reste le plus strict des deux labels publics. Il exclut totalement les énergies fossiles et le nucléaire, exige qu’au moins 75 % du portefeuille relève d’activités de transition et impose un reporting d’impact. Sa contrepartie est sa rareté : une centaine de fonds environ, pour 35 milliards d’euros d’encours, contre plus de 800 milliards côté ISR.

L’article 9 SFDR fonctionne autrement. C’est une auto-classification, assortie d’un objectif d’investissement durable mesurable et d’un reporting d’alignement à la taxonomie européenne. Elle reste exigeante dans les faits, puisque ces fonds ne pèsent que 4 % des encours européens selon Morningstar, contre 48 % pour l’article 8. Toutefois, aucun auditeur externe ne la valide, contrairement aux labels français.

Un label référencé ne veut pas dire un contrat responsable

Chaque contrat multisupport doit proposer une unité de compte ISR et une Greenfin. Un contrat bancaire classique coche donc la case sans que votre allocation change d’un euro.

Les frais décident du résultat, pas le label

Sur vingt ans, aucun filtre extra-financier ne compense un point de frais annuel. C’est la variable la plus prévisible du placement, la seule connue à l’avance, et celle que les pages commerciales affichent le moins complètement.

Trois couches de frais, une seule affichée

La première couche revient à l’assureur, entre 0,40 % et 0,60 % selon les contrats. La deuxième rémunère le mandat de gestion, de 0,85 % à 1,05 % chez les acteurs spécialisés. La troisième, invisible sur les plaquettes, correspond aux frais internes des supports sélectionnés dans le portefeuille.

Seule cette addition compte. Elle descend à 0,62 % sur une allocation en ETF dans Linxea Spirit 2, dont les frais de transaction sont passés à 0,06 % en mai 2026. Elle grimpe en revanche jusqu’à 2,40 % sur un profil Green-Got chargé en fonds actifs thématiques.

L’œil de la rédaction

Demandez le coût total annuel, pas les frais d’enveloppe. Sur une gestion pilotée responsable en fonds actifs, les frais internes ajoutent couramment 0,8 point à la facture affichée.

Ce que 1,2 point coûte sur vingt ans

Prenons 100 000 € placés vingt ans, avec une performance brute constante de 5 % par an. À 0,62 % de frais totaux, le capital final ressort autour de 235 000 €. À 1,85 %, il tombe à 186 000 €. L’écart atteint donc près de 50 000 €, sans qu’aucun marché n’ait mieux ou moins bien fait.

Poussée à 2,40 %, la même simulation aboutit à 167 000 €, soit 68 000 € de moins que la version économe. Ces chiffres restent une illustration, puisqu’une performance régulière n’existe pas dans la réalité. Ils donnent malgré tout l’ordre de grandeur qu’un argumentaire vert ne devrait jamais faire oublier. Notre dossier sur les frais d’assurance vie détaille chaque ligne.

La performance responsable a déraillé en 2025

Les comparatifs affirment volontiers que l’ISR ne coûte rien en rendement. L’exercice 2025 mérite une lecture plus honnête, parce qu’il illustre exactement le risque que prend un épargnant en acceptant un filtre sectoriel.

Huit points d’écart chez le même gérant

Le profil ESG le plus offensif de Yomoni a rendu 3,0 % en 2025, quand son équivalent classique affichait 11,1 %. Même gérant, même méthode, même contrat : seul l’univers d’investissement change. L’écart de huit points vient du tri sectoriel, pas d’une erreur de gestion.

L’explication tient en deux secteurs. La défense et l’énergie ont porté les indices européens en 2025, et ce sont précisément les deux poches qu’un filtre responsable écarte. Pour mémoire, les unités de compte ont délivré 4,7 % nets en moyenne sur l’année selon France Assureurs. Notre comparatif des gestions pilotées détaille les performances profil par profil.

Un biais sectoriel, pas une malédiction

Ce décalage joue dans les deux sens. Les mêmes exclusions ont protégé les portefeuilles responsables lors des corrections du secteur pétrolier, et les profils prudents de Green-Got ont rendu 4,05 % en 2024, contre 5,21 % pour l’équilibré. Sur un cycle complet, les travaux disponibles ne montrent pas de sacrifice systématique de performance.

Ce qu’il faut accepter, en revanche, c’est un écart durable avec les grands indices mondiaux. Un portefeuille qui exclut 30 % de son univers ne peut pas suivre cet univers année après année. Autrement dit, la conviction extra-financière se paie parfois en écart de suivi, et ce coût n’est ni prévisible ni garanti dans un sens ou dans l’autre.

Ce que la loi impose déjà à tous les contrats

Une partie de la confusion actuelle vient du droit lui-même. Le législateur a généralisé la présence de supports labellisés, ce qui rend l’affichage responsable universel et donc peu discriminant pour choisir.

Une unité de compte labellisée dans chaque contrat

La loi Industrie Verte du 23 octobre 2023 impose depuis le 1er janvier 2024 qu’un contrat multisupport référence au moins une unité de compte labellisée ISR et une labellisée Greenfin. Depuis fin octobre 2024, les mandats de gestion pilotée doivent également intégrer entre 4 % et 8 % d’actifs non cotés selon le profil de risque retenu.

La conséquence pratique est simple. Un contrat de banque de réseau respecte cette obligation sans que votre argent change de destination, puisque rien ne vous oriente vers les supports concernés. Le label devient un prérequis réglementaire, en aucun cas un signal de sélection.

SFDR 2.0 rebat les cartes d’ici 2028

La Commission européenne a proposé le 20 novembre 2025 de remplacer les articles 6, 8 et 9 par trois catégories explicites : Durable, Transition et ESG Basics. Chacune devra investir au moins 70 % du portefeuille dans sa stratégie affichée et appliquer des exclusions standardisées.

L’adoption est attendue courant 2026, pour une application vers 2028. D’ici là, la classification actuelle reste la référence. Retenez toutefois qu’un fonds vendu aujourd’hui comme article 9 pourra être reclassé demain, sans que sa gestion ait forcément changé. C’est un argument de plus pour regarder la méthode du gérant plutôt que l’étiquette.

Quel contrat pour quel profil

Aucun de ces cinq contrats ne domine les autres sur tous les critères. Le tri se fait sur votre appétence à gérer, sur votre besoin de capital garanti et sur le niveau d’exigence extra-financière que vous acceptez de payer.

Vous voulez déléguer et ne rien arbitrer

Goodvest reste la référence sur ce segment, avec un univers intégralement classé article 9 au minimum et un reporting carbone individuel. Goodlife ajoute la poche garantie, Goodvie ouvre la porte dès 300 € sans fonds euros. Green-Got constitue l’alternative si vous préférez des fonds actifs labellisés à une sélection indicielle.

Vous gérez vous-même votre allocation

Linxea Spirit 2 divise la facture par trois, avec 0,50 % de frais de gestion, l’accès à Objectif Climat et un catalogue d’ETF filtrés ESG. La contrepartie est le travail d’allocation, entièrement à votre charge. Le face-à-face Linxea ou Goodvest détaille cet arbitrage.

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Vous voulez du garanti sans financer le pétrole

Deux contrats seulement répondent à cette demande, Goodlife et Linxea Spirit 2, et ils passent par le même support. Objectif Climat a servi 3,31 % en 2024 puis 3,26 % en 2025, pour une moyenne de marché à 2,60 %. Les fonds euros de Nalo et Yomoni restent classiques, et Green-Got n’en propose aucun.

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Le verdict CMAV

Goodvest est la seule offre dont l’exigence extra-financière ne souffre aucune exception, et cette rigueur se paie environ un point de frais par an. Linxea Spirit 2 donne accès au même fonds euros vert pour trois fois moins cher, à condition de construire l’allocation soi-même. Goodvest si vous déléguez, Linxea Spirit 2 si vous arbitrez vous-même.

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Questions fréquentes

Faut-il fermer son ancien contrat pour passer au responsable ?

Non, et c’est même déconseillé. Aucun transfert n’existe entre deux assureurs différents, donc fermer un contrat de dix ans revient à perdre son antériorité fiscale. Vous perdriez l’abattement annuel de 4 600 € sur les gains rachetés et le taux réduit de 7,5 % acquis après huit ans. La méthode habituelle consiste à ouvrir le contrat responsable en parallèle, à y diriger les nouveaux versements et à laisser l’ancien vivre. Le transfert Fourgous ne fonctionne qu’à l’intérieur d’un même assureur.

Une assurance-vie responsable est-elle plus risquée ?

Le risque juridique est identique, puisque les unités de compte ne garantissent jamais le capital, responsables ou non. Le risque de portefeuille change en revanche de nature. Un filtre qui écarte l’énergie, la défense et les mines concentre l’allocation sur moins de secteurs, ce qui creuse l’écart avec un indice mondial dans les deux sens. En 2025, cet écart a joué contre les profils ESG. Sur un cycle complet, les études disponibles ne montrent pas de sous-performance systématique.

Combien faut-il pour ouvrir un contrat responsable ?

Les tickets d’entrée s’échelonnent de 300 € à 1 000 €. Goodvie, le contrat historique de Goodvest, démarre à 300 €. Goodlife et Linxea Spirit 2 demandent 500 € au premier versement, Yomoni Vie réclame 1 000 €. Les versements programmés descendent souvent bien plus bas, à partir de 25 € par mois chez Linxea. Le montant d’entrée pèse de toute façon moins lourd que la régularité des versements sur vingt ans.

Comment vérifier qu’un fonds est réellement labellisé ?

Le document d’information clé du fonds mentionne le label obtenu et sa date d’attribution. Les listes officielles font foi, puisque le comité du label ISR et le ministère de la Transition écologique publient les fonds certifiés et retirent ceux qui sortent du référentiel. L’annexe financière du contrat indique ensuite quels supports labellisés sont réellement accessibles. Un contrat peut afficher un label sans que le fonds concerné entre dans votre allocation.

Un contrat responsable donne-t-il droit à un avantage fiscal ?

Non, la fiscalité est celle de toute assurance-vie. Après huit ans, les gains rachetés bénéficient de l’abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, puis d’un prélèvement de 7,5 % sur la fraction correspondant à moins de 150 000 € de primes versées. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas. Aucun crédit d’impôt n’est attaché au caractère responsable du contrat.

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